La déformation plastique d’un matériau cristallin modifie ses propriétés de par son influence sur sa structure interne ; ces
évolutions de propriétés et de microstructure, appelées écrouissage
, jouent un rôle très important pour les caractéristiques mécaniques du matériau. En effet, le
durcissement par écrouissage
est largement utilisé pour augmenter les caractéristiques mécaniques de nombreux alliages métalliques. De façon plus générale, c’est l’écrouissage qui confère aux alliages métalliques leurs propriétés essentielles de ténacité et de facilité (relative) de mise en forme. Dans le premier cas, l’écrouissage a lieu de façon très locale – en fond de fissure dans un matériau endommagé par exemple – et permet d’absorber l’énergie de sollicitation mécanique. Dans le deuxième cas, c’est l’ensemble du matériau subissant l’opération de mise en forme par grandes déformations plastiques qui est susceptible de s’écrouir.
L’écrouissage dépend du matériau, de la quantité de déformation appliquée et des conditions de déformation (température, vitesse et mode de déformation). En particulier, on distingue la
déformation à froid
(température de déformation inférieure à environ 1/3 de la température absolue de fusion) et la
déformation à chaud
(T
déf
>T
f
/3). Schématiquement, on peut dire que l’augmentation de la température facilite la déformation. Les relations entre déformation appliquée et contrainte s’appellent
lois d’écrouissage
,
d’écoulement
ou
de comportement
. Elles dépendent étroitement des mécanismes fondamentaux de la déformation plastique en relation avec les
évolutions de microstructure
à l’intérieur des grains. Les procédés de mise en forme sont très largement directionnels : les propriétés évoluent différemment suivant la direction de sollicitation (par exemple en filage : la direction de filage). Ceci a pour conséquence que la microstructure acquiert une orientation préférentielle, appelée
texture
, de plus en plus importante au fur et à mesure de la déformation.
L’écrouissage crée de nombreux défauts cristallins, sources d’une
énergie interne stockée
hors d’équilibre, et qui peuvent éventuellement être annihilés par des traitements thermiques à température élevée afin de restaurer les propriétés initiales. On désigne habituellement deux stades...