Marcel BERVEILLER : Ingénieur INSA (Institut national des sciences appliquées) de Lyon - Docteur ès sciences - Professeur à l’École nationale d’ingénieurs de Metz, Laboratoire de physique et mécanique des matériaux
André ZAOUI : Docteur ès sciences, - Ingénieur civil de l’École des mines de Paris - Directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique - Professeur à l’École polytechnique
INTRODUCTION
Si l’essentiel des bases physiques de la plasticité des métaux et alliages est maintenant bien identifié et compris, la prédiction quantitative du comportement plastique d’un métal polycristallin demeure, malgré les progrès importants réalisés dans ce domaine ces dernières décennies, un champ de recherche encore très ouvert. La difficulté d’une telle modélisation a plusieurs origines, notamment :
la
nature fortement non linéaire des phénomènes attachés à la plasticité
et donc des équations les décrivant, ceci quels que soient l’échelle adoptée ou le mécanisme décrit (par opposition à l’élasticité linéaire où l’on peut écrire simplement :
σ
= C : ε ) ;
le
caractère complexe et varié des mécanismes physiques
à prendre en compte : création, mouvement, annihilation et stockage de dislocations, empilement sur les joints de grains, rotations des réseaux cristallins, formation de sous-structures cellulaires, création de défauts ponctuels, frottement du réseau... ;
l’
intervention simultanée de plusieurs échelles caractéristiques
(quelques dislocations, les cellules, les grains...), contribuant chacune, de manière spécifique, à la réponse macroscopique ;
l’
amplitude considérable
que peuvent avoir les
déformations plastiques
et les modifications importantes de l’état métallurgique du matériau qui y sont associées : textures cristallographiques et morphologiques, « hétérogénéisation plastique » par formation de cellules... De sucroît, ces modifications dépendent fortement du trajet de chargement suivi (rétreint, expansion, traction uniaxiale...).
On pourrait tenter un passage continu de la dislocation au polycristal... Mais si le comportement statique d’une dislocation ou même d’une distribution continue de dislocations est bien connu, il n’en va pas de même de celui du système complexe et évolutif de dislocations en interaction qu’il faudrait prendre en compte pour parvenir jusqu’à l’échelle du polycristal. C’est la raison pour laquelle les promoteurs du passage du monocristal au polycristal (Sachs, Taylor et d’autres) ont conçu une approche plus globale, se situant d’emblée à l’échelle des grains et ne décrivant qu’indirectement, de façon moyenne, le comportement collectif des dislocations intragranulaires par l’intermédiaire du
glissement plastique cristallographique.
Les concepts de
cission réduite
...
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