L’étain (
stannum
; symbole : Sn) est un métal déjà connu dans l’Antiquité, sous la forme d’un alliage avec le cuivre, à l’époque dénommée
âge du bronze
. Les Phéniciens le connaissaient aussi à l’état pur plus de dix siècles avant notre ère. Vers 300 avant J.-C., Théophraste mentionne son utilisation en couche protectrice du fer contre la corrosion, et Hérodote a relaté, 100 ans plus tôt, l’existence des îles Cassitérides – actuellement Scilly Islands – à la pointe des Cornouailles, où l’on allait chercher le minerai. Les Chinois, qui ont aussi exploité des gisements stannifères depuis des temps immémoriaux, connaissaient également le procédé de réduction du minerai par le charbon de bois.
Ce métal, relativement rare et cher, est malléable et ductile ; il est plus dur mais moins lourd que le plomb, et sa brillance argentée persiste longtemps quand il est exposé à l’air sec aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Un bruit caractéristique du métal solidifié sous la forme d’un bâtonnet, et qui se manifeste chaque fois qu’on le plie, est dû au frottement des cristaux entre eux et est appelé le
cri de l’étain
.
Les applications multiples de l’étain, à l’époque contemporaine, se répartissent entre les divers domaines d’utilisation où sa présence est indispensable soit comme constituant d’alliages à usages bien déterminés (bronzes, brasures, régules, etc.), soit comme revêtement d’autres métaux, ou encore sous forme de composés chimiques (article
Métallurgie et recyclage de l’étain
[M 2 314]
, dans ce traité). Il n’est cependant quasi jamais utilisé à l’état pur, si ce n’est à un stade intermédiaire comme, par exemple, pour le trempage de pièces dans un bain fondu ou pour la coulée des anodes en vue d’un dépôt électrolytique subséquent dont celui sur acier pour obtenir le fer-blanc (article
Aciers pour emballage
[M 7 960]
, dans ce traité).
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