Les
métaux nobles
(ruthénium, rhodium, palladium, argent, osmium, iridium, platine, or) peuvent être déposés sous forme de revêtement par électrolyse. Les couches obtenues ont des propriétés proches de celles des métaux massifs. Elles sont donc particulièrement intéressantes à la fois pour des usages de décoration et pour des applications techniques mettant en œuvre leurs propriétés de conduction de l’électricité et leur inaltérabilité chimique, y compris à haute température. Les métaux les plus utilisés sont l’argent, l’or, puis le palladium, le rhodium et le platine. Les autres métaux sont limités à des applications particulières ou de laboratoire. En France, les
métaux dits « précieux »
sont l’argent, l’or et le platine.
Les bains qui servent à élaborer ces revêtements sont des solutions comprenant de nombreux composants dont un sel ou un complexe du métal à déposer. La plupart des bains et des additifs font l’objet d’une protection par les sociétés qui les commercialisent. Pour cette raison, il ne sera fourni dans le texte que des indications générales sur la composition des bains. Les gammes de traitement sont relativement classiques, mais elles nécessitent souvent un meilleur suivi et une plus grande rigueur dans leur application que pour les revêtements électrolytiques de métaux communs. Le coût des matières premières est aussi un élément essentiel, tant pour l’application que pour l’utilisation de ces revêtements.
Le dépôt électrolytique n’est pas la seule méthode permettant de fabriquer des couches de métaux nobles. Le « doublé » est une association d’un métal commun revêtu sur une ou deux faces par une couche de métal noble qui est appliquée par des moyens métallurgiques (colaminage ou coextrusion, par exemple). Une couche intermédiaire sert en général à assurer la liaison par diffusion. Ces matériaux tendent à disparaître au profit du revêtement électrolytique. Le dépôt chimique est une autre méthode de dépôt qui est bien adaptée aux métaux nobles du fait de la place de ces métaux dans l’échelle des potentiels électrochimiques. Ce procédé est en croissance, mais son usage reste limité. Les techniques de dépôt en phase gazeuse (PVD : Physical Vapor Deposition et CVD : Chemical Vapor Deposition) permettent également de réaliser des couches de métaux nobles. Leur usage est cependant limité aux substrats non conducteurs et aux applications mixtes. Ainsi, les revêtements de nitrure de titane à usage décoratif obtenus par PVD sont-ils généralement recouverts au cours du même cycle de traitement d’une mince couche d’or qui donne la couleur et l’éclat souhaités. Le dernier procédé de revêtement utilise l’amalgame au mercure, en particulier pour le dépôt d’or. Cette technique...