Comparées aux autres matériaux métalliques, les fontes
offrent aux utilisateurs un large choix de caractéristiques pour un
prix intéressant, compte tenu des matières premières employées et
de la facilité d'élaboration. Toutefois, certaines catégories de fonte
intègrent le traitement thermique dans le cycle de fabrication, tandis
que d'autres voient leur domaine d'emploi sensiblement élargi grâce
à des traitements thermiques appropriés.
Les fontes malléables à matrice ferritique ou à matrice
perlitique appartiennent à ce premier groupe, ainsi que les fontes
grises coulées en coquille. De même, les fontes alliées à structure
graphitique ou à structure carburigène nécessitent le plus souvent
un traitement thermique spécifique pour obtenir une matrice déterminée.
À propos de structure graphitique ou carburigène, il
est bon de rappeler que la différence fondamentale entre aciers et
fontes réside dans la possibilité, pour les fontes, de présenter le
carbone eutectique soit sous forme de carbures plus ou moins complexes
(état métastable), soit sous la forme du graphite (état stable).
Par un recuit spécial, on peut passer de la structure
carburigène à la forme graphitique : c'est le but du traitement de
malléabilisation ou de graphitisation.
En revanche, en aucun cas, le traitement thermique
ne modifie sensiblement la forme du graphite préexistant ; il est
donc inutile de recourir à un traitement thermique pour modifier ou
améliorer la forme du graphite obtenue à la solidification.
Pour les fontes non alliées ou faiblement alliées,
le traitement thermique permet :
la réduction des contraintes internes ;
l'accroissement de l'usinabilité ;
l'obtention d'une bonne ténacité ;
l'augmentation des caractéristiques
mécaniques ;
l'augmentation de la résistance à
l'usure.
Le choix des traitements thermiques pour répondre à
chacun de ces objectifs fait l'objet de cet article, après quelques
rappels sur les fontes.