La fabrication additive (FA) est un procédé de fabrication mis
au point dans les années 1980 et qui est aujourd'hui suffisamment
mûr pour être utilisé de manière rentable et fonctionnelle. Depuis
2012, cela s'est traduit par une croissance exponentielle du secteur
de la FA en Europe avec pas moins de sept familles de technologies
différentes regroupées sous l'appellation « fabrication additive »
ou « impression 3D ». Les risques associés dépendent de la technologie
mise en œuvre et des produits utilisés. En raison des caractéristiques
microniques des poudres utilisées et de leur utilisation dans les
différentes technologies de la FA, l'exposition aux poussières inhalables
et alvéolaires (ou exposition particulaire) est l'un des principaux
risques à prendre en considération. Ce développement technologique
doit s'accompagner d'une évaluation rigoureuse des risques et de la
mise en place de moyens de prévention adaptés.
Cependant, en plus de la problématique « classique » de l’exposition
particulaire qui est directement liée à la nature des poudres utilisées,
le secteur de la FA métallique doit faire face à une exposition potentielle
aux nano-objets, leurs agrégats et agglomérats (NOAA). En effet, cette
fraction nanométrique est un sous-produit de la fusion des poudres
induite par le faisceau laser et se retrouve à la fin du processus
en suspension dans la machine de fabrication, mêlée à la poudre non
utilisée ainsi que sur les pièces imprimées. La présence de cette
fraction de NOAA est déjà largement référencée pour les imprimantes
3D polymères.
Actuellement, il n'y a pas de consensus sur la dangerosité des
NOAA, mais compte tenu de la nature des poudres employées (évaluation
de l'exposition particulaire) et du rapport de 2018 du CIRC (Centre
international de recherche sur le cancer) sur les fumées de soudage,
le principe de précaution s'applique pour limiter l'exposition des
travailleurs.
Partant de ce constat, des travaux ont été initiés sur la thématique
des émissions particulaires, dont les NOAA, en FA métal en appliquant
et en adaptant les méthodologies de mesure de l'exposition des travailleurs
sur les lieux de travail lors de la manipulation de nanomatériaux.
L'objectif est de mieux comprendre les émissions potentielles de NOAA
lors des différentes opérations des procédés et ainsi les inclure
le plus tôt possible dans les analyses de risques associés.