RÉSUMÉ
Le principe de fonctionnement d’une diode organique électroluminescente á base de petites molécules (OLED) est décrit et l’optimisation du dispositif est discutée, notamment l’architecture multicouche et le dopage des couches de transport et d’émission. Ces stratégies ont permis de tels progrès qu’il est envisageable pour les diodes organiques de remplacer les LED inorganiques (Light-Emitting Diodes) pour des applications d’éclairage ou bien les LCD (Liquid Crystal Display) pour de la visualisation. Les performances requises pour l’éclairage sont présentées et un bref état de l’art est proposé. Les caractéristiques d’un écran OLED sont comparées avec celles d’un écran LCD. Les différentes stratégies d’adressage sont aussi discutées.
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INTRODUCTION
Les premiers résultats d’électroluminescence (EL) organique datent des années 1960 avec l’étude de molécules d’anthracène par Pope et coll.
[1]
. Mais il faut attendre 1987 pour que soit rapportée la fabrication d’une diode EL à base de matériaux organiques évaporés (petites molécules) qui présente un meilleur rendement lumineux que son équivalent inorganique (1,5 lm/W contre 0,5 lm/W [2]). Puis en 1990, Burroughes et coll. présentent les premiers résultats de diode EL à base de polymères déposés à partir d’une solution
[3]
. Il apparaît alors possible de fabriquer des afficheurs susceptibles de remplacer ou compléter les dispositifs alors disponibles (tube cathodique CRT, écran à cristaux liquides LCD, écran à micropointes FED, écran plasma…). Depuis, la R&D autour de ce sujet est devenue très active et génère d’importants investissements.
Les raisons pour utiliser l’EL organique pour des applications de visualisation sont les suivantes :
bon rendement lumineux (∼ 1 lm/W pour afficher du blanc avec un fort potentiel d’amélioration) ;
faible tension de commande (V
seuil
< 3 V, opération < 10 V) ;
très faible temps de réponse (bien adapté pour l’affichage vidéo) ;
technologie émissive : la consommation électrique est fonction du contenu de l’image ;
grand angle de vue (émission lambertienne) ;
faible épaisseur (déterminée par l’épaisseur du substrat et de la méthode d’encapsulation) et possibilité d’utiliser des substrats souples ;
potentiellement bon marché (dispositifs à base de simples couches minces, procédé de fabrication basse température compatible avec de grandes surfaces, élimination des filtres colorés et de la boîte à lumière des LCD…).
Cependant, il reste un certain nombre de verrous technologiques qu’il est nécessaire de lever pour bénéficier de ces avantages. Ce sont :
durée de vie (< 10 000 heures actuellement) et sensibilité à l’humidité, l’oxygène et la température (nécessité d’encapsuler avec un capot de verre ou métallique et utilisation/stockage à moins de 60 ˚C) ;
vieillissement différentiel des pixels rouges, verts et bleus en fonction de leur utilisation : fort marquage probable et dégradation des couleurs ;
développement de l’adressage...
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