Le développement des véhicules électriques en substitution des
véhicules thermiques à carburants fossiles est un des leviers de la
transition environnementale qui mobilise d’importants efforts politiques,
économiques et industriels. L'adéquation des infrastructures de recharge
des véhicules électriques (IRVE) est une des clefs de leur développement.
Cet article fait un état de lieux des principes, des technologies
et de la mise en œuvre des infrastructures de recharge pour les véhicules
électriques légers (voitures particulières ou de tourisme et véhicules
utilitaires de moins de 3,5 t) ; il ne traite pas des véhicules lourds
dont les besoins et les technologies présentent d’autres spécificités.
Il concerne principalement les infrastructures installées en France ;
elles s’inscrivent dans l’organisation du marché européen.
À la date de cet article, le développement du véhicule électrique
ou hybride rechargeable aborde le marché de masse, avec un taux de
pénétration des véhicules neufs proche de 25 % et plus de 1,5 million
de points de recharge (privés et publics) en service en France, 10
millions en Europe, dont plus de 120 000 ouverts au public en France.
La croissance annuelle des ventes de véhicules électriques a atteint
50 % en 2023, en France et en Europe
. Le développement du parc d’infrastructures
de recharge doit en accompagner le rythme, voire l’anticiper.
Le passage à cette dimension de marché implique un changement
industriel et organisationnel par rapport aux premières tentatives
de développement qui, fait notable, remontent à la fin du XIX
e
siècle et sont restées en « éternelle émergence » jusqu’à
ces dernières années.
La recharge du véhicule électrique constitue un changement profond
d’habitudes par rapport au « plein de carburant » en station-service
et inquiète les nouveaux utilisateurs quant à sa capacité de répondre
à leurs besoins. En effet, même si les nouvelles technologies de batteries
offrent des autonomies qui approchent celles des véhicules à essence
ou diesel, leur recharge est soumise aux contraintes propres à l’électricité :
une « densité énergétique » très inférieure à celle des
carburants, que l’on peut illustrer par le fait que la puissance énergétique
utile d’une pompe à essence est équivalente à la puissance d’un TGV
lancé à pleine vitesse (2 à 3 MW) ;
et un coût d’accès à la puissance électrique très variable
(faible pour une maison mais...