Historiquement, la régénération de caoutchoucs (ou gommes) par
voie chimique a été très importante. Ainsi, à la fin de la Seconde
Guerre mondiale, 40 % de caoutchoucs régénérés «
reclaim rubber
» servait de matière première à l’industrie du caoutchouc, seul
ou en mélange avec du caoutchouc naturel ou synthétique.
Trois raisons ont conduit à la diminution, voire à la disparition
du « reclaim rubber » du moins dans les pays d’Europe et en Amérique
du Nord :
l’introduction du pneu à carcasse radiale (en remplacement
du pneu conventionnel diagonal) beaucoup plus exigeant en termes de
propriétés des différents constituants ;
le prix très bas des matières premières ;
l’utilisation pour la fabrication du caoutchouc régénéré
de produits chimiques pour le moins préoccupants au sens de la réglementation
REACH.
Les caoutchoucs en fin de vie (en particulier les pneus) ont longtemps
été mis en décharge. Depuis 1990, diverses actions dans plusieurs
pays ont été conduites pour éviter cette mise en décharge et pour
utiliser les caoutchoucs en fin de vie soit dans une valorisation
énergétique, soit dans une valorisation matière. La démarche actuelle
consiste, sans ignorer l’intérêt d’une valorisation énergétique, de
passer à une valorisation matière tant dans le pneu que dans le caoutchouc
industriel.
Dans cet article, après avoir décrit les gisements de caoutchouc
à recycler, sont évoquées les différentes techniques de recyclage
matière :
incorporation en tant que granulats dans des applications
pneus et caoutchouc industriel et pour préparer des caoutchoucs thermoplastiques ;
régénération par des méthodes chimiques, mécanochimiques,
thermomécaniques ;
pyrolyse (les charges renforçantes issues de la pyrolyse
sont utilisées dans des formulations). L’huile issue de la pyrolyse
est également valorisable.