L’importance économique de l’assurance ne cesse de croître dans
les pays développés. Les assureurs proposent régulièrement à leurs
clients de nouveaux types de contrats permettant de couvrir de nouveaux
risques ou d’améliorer la couverture de risques déjà connus. Cela
suppose une ingénierie assurantielle constamment mise à jour et susceptible
de prendre en compte les différentes facettes de cette activité qui
fait appel à plusieurs disciplines ou techniques, telles que les mathématiques,
la statistique, le droit, l’économie, la comptabilité… Dans cet article
traitant des mathématiques de l’assurance, on s’intéressera à des
aspects quantitatifs qui sont traditionnellement pris en charge par
les actuaires, ingénieurs spécialisés dans les techniques assurantielles
et financières. L’étendue du sujet, dont on peut se convaincre par
le nombre de publications et de références sur le Web, impose de se
limiter à quelques thèmes importants.
Toute opération d’assurance commence par la signature d’un contrat
entre un assureur et un assuré. Ce contrat prévoit un paiement immédiat
et certain, la prime d’assurance, en échange d’un paiement futur et
aléatoire qui sera concrétisé par des indemnités versées à l’assuré
en compensation des sinistres survenus pendant la période de validité
du contrat.
Il y a donc transfert de risque de l’assuré à l’assureur. La viabilité
de cette opération n’est possible que par la mutualisation de nombreux
risques au sein de l’entreprise d’assurance, ce qui permet une certaine
compensation statistique, sans toutefois éliminer complètement les
fluctuations du montant total des sinistres, objet des paiements futurs.
Il en résulte que le risque supporté par l’assureur nécessite d’abord
l’évaluation de la prime qui doit être suffisante pour faire face
au coût moyen des sinistres, ainsi qu’aux fluctuations possibles de
ce coût. Ces fluctuations, si elles sont d’amplitude exceptionnelles
et défavorables, peuvent avoir un impact sur l’équilibre des comptes
annuels de l’assureur, voire mettre en danger sa solvabilité. C’est
pourquoi, ce dernier ne se contente pas d’évaluer la prime mais s’efforce
également d’estimer la loi de probabilité du montant cumulé des sinistres
dont la prime, malgré son importance, n’est qu’un indicateur parmi
d’autres.
Dans cet article on examinera le problème de l’évaluation de la
prime, qui est basée non seulement sur l’analyse de la sinistralité
passée, mais aussi sur les principes théoriques de calcul de prime
que l’assureur est susceptible de choisir en fonction de critères
qui lui sont propres, notamment de son attitude face au risque. Concernant
la loi de probabilité du montant cumulé des sinistres, étant donné
la taille importante des portefeuilles de risques gérés par les entreprises
d’assurances,...