Les technologies linguistiques figurent en bonne place parmi les
applications de l’intelligence artificielle (IA) et touchent aujourd’hui
le grand public. Elles sont essentielles pour accéder efficacement
aux informations textuelles disponibles sur le Web ou dans des grandes
bases documentaires ; elles permettent de nouvelles formes d’interactions
avec la machine, par la voix ou par le biais de dispositifs d’aide
à la saisie ou à la rédaction ; elles nous aident à communiquer avec
d’autres humains, par exemple par le biais de systèmes de traduction
automatique ; de manière plus souterraine, ces algorithmes structurent,
organisent, filtrent, sélectionnent, transforment et rendent possible
la gestion des monceaux de textes et d’enregistrements audio qui circulent
continuellement sur la toile ou sur les réseaux sociaux.
Cette transition s’est accélérée au fur et à mesure que ces technologies
devenaient progressivement plus performantes pour des utilisations
toujours plus larges et variées. Ces progrès résultent de la conjonction
de plusieurs facteurs : d’une part le développement d’algorithmes
d’apprentissage automatique de plus en plus sophistiqués, capables
de tirer profit de l’amélioration des dispositifs matériel (hardware)
de calcul ; d’autre part la possibilité d’accéder à de très grandes
masses de données textuelles, annotées ou non annotées, pour réaliser
ces apprentissages. Parmi les algorithmes, les algorithmes neuronaux
et en particulier l’architecture
Transformer
figurent au premier
rang. Cette architecture est en effet devenue centrale pour réaliser
trois types de traitements qui jusqu’alors nécessitaient des architectures
dédiées : d’une part les algorithmes de fouille de texte et de recherche
d’information, qui bénéficient de la richesse des
représentations
internes
calculées par ce modèle, ensuite les
algorithmes d’analyse
linguistique
qui tirent parti de la capacité des Transformers
à prendre en compte des dépendances à très longue distance, enfin
les
algorithmes de génération de texte
, qui utilisent ces modèles
principalement pour leur capacité prédictive. Si l’on ajoute que cette
même architecture se prête également au traitement de données orales,
voire multimodales, et qu’elle permet des calculs efficaces à très
grande échelle, on comprend mieux pourquoi ce modèle s’est imposé
comme le véritable couteau suisse de l’ingénieur linguiste.
Points
clés
Domaine
: Transformers pour le traitement automatique des langues et de
la parole
Degré
de diffusion de la technologie...