La vidéosurveillance algorithmique (VSA) s’inscrit dans le cadre
du droit de la vidéoprotection et du droit de l’intelligence artificielle.
La vidéosurveillance s’est développée dès 1975 au Royaume-Uni, actuellement
l’un des pays les plus vidéosurveillés au monde avec la Chine
. Elle
n’apparaît en France que dans la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995.
La loi n° 2011-267 du 14 mars 2011, dite Loppsi 2, substitue au
terme vidéosurveillance celui de vidéoprotection. Il s’agit dans les
deux cas d’installer, dans des lieux publics ou privés, des caméras
à des fins de télésurveillance. L’objectif est donc sécuritaire, mais
il obéit au droit de la vie privée, et à celui de la protection des
données à caractère personnel.
La VSA associe la vidéoprotection et l’intelligence artificielle
(IA). Cette dernière se définit comme un processus visant à reproduire
l’intelligence humaine au travers d’algorithmes et de modèles d’apprentissage
automatique, conférant ainsi à l’ordinateur la capacité d’agir de
manière similaire à un être humain. La VSA permet d’analyser, en temps
réel, les flux vidéos en s’appuyant sur un logiciel qui se connecte
au réseau existant des caméras, en utilisant la détection via l’IA.
En Europe, l’intelligence artificielle, qui a donné lieu à de
nombreux débats au sein du Parlement européen, aboutit au Règlement
2024/1689 du Parlement et du Conseil européen, en date du 13 juin
2024, paru au journal officiel de l’Union européenne du 12 juillet
2024.
D’autres cadres réglementaires ont émergé à l’échelle internationale,
notamment aux États-Unis (décret Joe Biden du 31 octobre 2023), en
Chine (Personal Information Protection Law (PIPL) en novembre 2021,
Administration chinoise du Cyberespace (CAC) en août 2023), et, au
niveau international, la déclaration de Bletchley de novembre 2023,
qui s’applique à 29 pays.
Après un examen de la législation française relative à la VSA
en France, cet article analyse le contrôle juridique encadrant la
VSA, ainsi que les perspectives de pérennisation de cette technologie.