Glossaire

Électrophorèse : définition et principe

L'électrophorèse : définition

Méthode physique de séparation de composés en suspension ou solution, basée sur le déplacement d'ions ou de molécules chargées dans un champ électrique. Les éléments chargés positivement migrent vers la cathode et les chargés négativement vers l'anode. La vitesse de migration dépend de nombreux paramètres du milieu, de la nature du support, ainsi que de la grosseur et la nature chimique de la molécule.

Contenus associés

Articles de références et fiches pratiques à propos de : électrophorèse : définition et principe

Electrophorèse capillaire - Applications
Réf : P3367

 L’électrophorèse capillaire est une technique d’analyse qui peut séparer des composés selon différents critères comme leur rapport charge sur taille…

Électrophorèse capillaire - Appareillage
Réf : P3366

L'électrophorèse capillaire est une technique séparative, souvent commercialisée sous forme d'instruments où l'ensemble des étapes, incluant injection des…

Analyse des acides nucléiques
Réf : P3315

Ces vingt dernières années, les progrès de la biologie moléculaire et du génie génétique ont rendu possible l’analyse moléculaire des gènes par l’étude de…

Cataphorèse
Réf : M1503

Aujourd’hui, le procédé cataphorèse, procédé de peinture par immersion, est très largement utilisé dans l’industrie automobile, mais également dans les au…

Électrophorèse préparative
Réf : J2786

Le principe de l’électrophorèse, qui est la migration de substances chargées sous l’influence d’un champ électrique continu, a été décrit il y a un siècle…

Électrophorèse capillaire - Principe
Réf : P3365

 En électrophorèse capillaire, les composés sont analysés au sein d’un capillaire de quelques dizaines de micromètres de diamètre interne rempli…

Actualités associées

Articles d'actualité à propos de : électrophorèse : définition et principe

Mais aussi

Définition : électrophorèse : définition et principe

Le principe : une course dont la vitesse dépend du rapport charge sur taille

Une molécule portant une charge nette placée dans un champ électrique se déplace vers l'électrode de signe opposé. Elle subit deux forces antagonistes : la force électrique, proportionnelle à sa charge, et la force de frottement visqueux, qui croît avec sa taille et dépend de sa forme. L'équilibre entre les deux s'établit presque instantanément, si bien que la molécule migre à vitesse constante. Cette vitesse rapportée au champ appliqué s'appelle la mobilité électrophorétique, et c'est elle que la méthode mesure réellement.

Deux molécules chargées de même charge mais de masse différente ne migrent donc pas à la même vitesse ; deux molécules de même taille mais de charges distinctes non plus. C'est ce qui permet de séparer les composés d'un mélange complexe sans les transformer chimiquement. Le pH du tampon reste le paramètre le plus déterminant : il fixe l'état d'ionisation des groupements acides et basiques, donc la charge nette de chaque espèce. Toute mobilité mesurée n'a de sens qu'en fonction du tampon dans lequel elle a été obtenue.

De là découle la notion de point isoélectrique, ou pHi, valeur de pH à laquelle la charge nette d'une molécule amphotère s'annule. À ce pH précis, la molécule s'arrête, quelle que soit l'intensité du champ. L'isoélectrofocalisation exploite directement ce blocage : dans un gradient de pH immobilisé, chaque protéine avance jusqu'à la zone où son pH isoélectrique est atteint, puis s'y concentre en une bande fine.

Grandeur mesurée
mobilité électrophorétique, en m²·V⁻¹·s⁻¹
Paramètres de séparation
charge nette, taille, forme, pH du tampon
Support classique des protéines
gel de polyacrylamide
Support classique des acides nucléiques
gel d'agarose
Tension usuelle en gel horizontal
50 à 150 V
Tension usuelle en électrophorèse capillaire
10 000 à 30 000 V
Diamètre interne d'un capillaire
25 à 100 µm
Détergent dénaturant de référence
SDS, dodécylsulfate de sodium
Colorant de révélation courant
bleu de Coomassie, nitrate d'argent
Durée d'une migration sur gel
30 minutes à 2 heures

Les grands montages et leurs supports

Le champ électrique reste le même partout. D'une méthode à l'autre, seul change le milieu dans lequel la migration a lieu.

  • L'électrophorèse sur gel de polyacrylamide sépare les protéines. Le gel est un réseau dont les pores sont calibrés par le taux de réticulation : plus il est serré, plus l'effet de tamisage moléculaire s'ajoute à l'effet de charge. En conditions dénaturantes, le SDS enrobe la protéine d'une charge négative proportionnelle à sa longueur, ce qui annule la contribution de la charge propre et fait migrer chaque chaîne selon sa seule masse moléculaire.
  • L'électrophorèse sur gel d'agarose sépare les acides nucléiques, dont la charge est déjà proportionnelle à la longueur. Les gels les plus dilués résolvent les grands fragments, les plus concentrés les petits.
  • L'électrophorèse capillaire remplace le gel par un tube de silice de quelques dizaines de micromètres. Le faible diamètre évacue la chaleur, ce qui autorise des champs très élevés, donc des séparations en 5 à 10 minutes avec une efficacité que le gel n'atteint pas.
  • L'électrophorèse bidimensionnelle croise deux critères : isoélectrofocalisation selon le pHi dans un sens, migration en SDS selon la masse dans l'autre. Elle résout plusieurs milliers de protéines séparées sur un même gel.

L'électrophorèse préparative se distingue des précédentes par sa finalité : récupérer la fraction séparée plutôt que l'observer. Son dimensionnement et ses différentes mises en œuvre sont traités dans électrophorèse préparative. Le principe de la variante capillaire est exposé dans électrophorèse capillaire, principe, son appareillage et ses applications faisant l'objet d'articles distincts.

Révélation et lecture des résultats

Une migration ne produit aucun signal. Les bandes restent invisibles tant qu'une étape de révélation ne les a pas marquées, et le choix du marquage détermine ce qu'on pourra en tirer. Le bleu de Coomassie reste le plus simple, quantitatif sur une gamme étroite. La coloration à l'argent descend beaucoup plus bas en sensibilité, mais sature vite. Les marquages fluorescents offrent la plage de linéarité la plus large, au prix d'un imageur dédié.

Le transfert sur membrane change de logique. Après migration, les protéines sont transférées puis reconnues par des anticorps dirigés contre une cible unique : on ne révèle plus toutes les bandes mais la seule espèce recherchée, dont on confirme à la fois la présence et la masse apparente. Le même raisonnement s'applique aux acides nucléiques avec des sondes complémentaires, comme le détaille l'analyse des acides nucléiques.

Une précaution vaut pour toute lecture de résultats : une position de bande ne donne une masse qu'après étalonnage par un marqueur de masses connues déposé sur le même gel, et la relation reste approchée pour les protéines glycosylées ou très basiques. En capillaire, la détection se fait en ligne, par absorption ultraviolette ou par fluorescence le plus souvent ; la grandeur lue est alors un temps de migration, à étalonner de la même manière.

Ce que l'électrophorèse permet de faire, en laboratoire et en production

En biologie et en analyse, la méthode vérifie la pureté d'un lot, estime une masse moléculaire, contrôle l'intégrité d'un échantillon d'acide nucléique, compare des profils d'une condition à l'autre. Ces utilisations tiennent à un même avantage : une résolution élevée pour un coût de consommables dérisoire.

En santé, l'électrophorèse des protéines sériques reste un examen de routine : selon la forme des fractions, le profil obtenu oriente vers une inflammation, un déficit ou une immunoglobuline monoclonale, et c'est ce dessin d'ensemble, jamais une fraction prise isolément, que le biologiste interprète. L'électrophorèse de l'hémoglobine sert de la même façon au diagnostic des hémoglobinopathies. Le résultat naît de la comparaison à un profil de référence.

En contrôle de produits industriels, la variante capillaire s'est imposée là où la chromatographie est mal adaptée, notamment sur les petits ions et les acides organiques. Elle s'inscrit dans l'ensemble des méthodes séparatives avancées pour mélanges complexes, où le choix se fait selon la nature de l'analyte plutôt que par habitude de laboratoire.

Attention enfin à un homonyme de procédé. La cataphorèse, employée en traitement de surface, met en jeu le même déplacement de particules chargées sous champ électrique, mais pour déposer un film de peinture sur une pièce métallique. Elle relève du revêtement, pas de la séparation, et le vocabulaire commun prête régulièrement à confusion dans les cahiers des charges. Le procédé est décrit dans cataphorèse.

Questions fréquentes à propos de électrophorèse : définition et principe

Qu'est-ce que l'électrophorèse ?

Une technique de séparation qui applique un champ électrique à un mélange déposé sur un support, de sorte que chaque molécule chargée migre à une vitesse propre, fonction de sa charge, de sa taille et de sa forme. Après un temps donné, les composés occupent des positions distinctes qu'une étape de révélation rend visibles.

Quelle est la différence entre gel d'agarose et gel de polyacrylamide ?

L'agarose forme des pores larges, adaptés aux acides nucléiques et aux fragments de grande taille ; le polyacrylamide forme un réseau beaucoup plus fin, calibré par son taux de réticulation, qui résout les protéines et les petits fragments. Le choix du support revient donc à choisir la gamme de tailles que l'on veut séparer.

À quoi sert le SDS dans une électrophorèse de protéines ?

Ce détergent déplie les protéines et se fixe sur la chaîne peptidique en lui apportant une charge négative proportionnelle à sa longueur. La charge propre de la molécule devient alors négligeable et la migration ne dépend plus que de la masse moléculaire, ce qui rend le gel directement interprétable en masses après étalonnage.

Qu'est-ce que le point isoélectrique ?

C'est le pH auquel la charge nette d'une molécule amphotère s'annule, de sorte qu'elle cesse de migrer dans le champ électrique. Cette propriété est exploitée en isoélectrofocalisation : dans un gradient de pH, chaque protéine se déplace jusqu'à atteindre la zone correspondant à son point isoélectrique, où elle se concentre en une bande fine.

Électrophorèse capillaire ou électrophorèse sur gel : laquelle choisir ?

Le capillaire pour la vitesse, l'automatisation et la quantification de petits volumes, avec une détection en ligne et des séparations bouclées en une dizaine de minutes. Le gel pour la lecture visuelle simultanée de nombreux échantillons, pour la préparation de fractions et pour le transfert sur membrane, qu'un capillaire ne permet pas.

L'électrophorèse est-elle une méthode quantitative ?

Elle peut l'être, à condition de maîtriser l'étape de révélation. L'intensité d'une bande dépend du colorant employé et sature au-delà d'une certaine quantité de matière, si bien qu'une mesure fiable exige une gamme d'étalonnage sur le même gel et une lecture dans le domaine de linéarité du marquage retenu.

Pour aller plus loin dans la base documentaire : Électrophorèse capillaire, principe · Électrophorèse capillaire, appareillage · Électrophorèse capillaire, applications · Électrophorèse préparative · Analyse des acides nucléiques · Méthodes séparatives avancées pour mélanges complexes · Cataphorèse

Inscrivez-vous aux newsletters !

Contactez-nous