Composés essentiellement de cuivre et de zinc, les laitons sont des alliages jaunes, malléables, très ductiles, de couleur dorée ou argentée, non ferreux. On peut distinguer trois familles de laiton : les laitons binaires, constitués uniquement de cuivre et de zinc, l’apport du zinc permet de diminuer la température de fusion et la conductivité électrique du laiton, mais d’augmenter la résistance mécanique et la dureté ; les laitons au plomb (entre 1 et 3 %) pour une meilleure usinabilité et fragmentation des copeaux ; et les laitons spéciaux par ajouts ou présence d’éléments d’addition tels plomb (le plus fréquent), étain, nickel, chrome, magnésium, aluminium, silicium… les nuances obtenues présentent des propriétés mécaniques et d’apparence variées, jusqu’à pour certains une excellente résistance à l’usure et au frottement.
Très facile à usiner, à chaud comme à froid, le laiton a été utilisé à l’époque romaine pour couler les pièces de monnaie. Son emploi s’est ensuite répandu massivement à la fin du Moyen-Age en Europe, en particulier pour remplacer l’or et l’argent plus onéreux, et dans la production d’objets de prestige. Il a l’avantage de pouvoir être fabriqué et non extrait.
Aujourd’hui, le laiton est l’alliage du cuivre le plus utilisé industriellement, notamment pour la fabrication de pièces tournées en grandes séries. La composition en zinc varie alors entre 15 et 45 %. En dessous de 35 %, le laiton est monophasé α et présente une ductilité et une aptitude à la déformation à froid ; entre 35 et 45 %, il est dit biphasé α et β (phase intermétallique de dureté croissante et de grande fragilité). De par la présence majoritaire de cuivre, le laiton est sensible à la corrosion atmosphérique et se recouvre rapidement d’une couche vert-de-gris en surface.
Lors de sa fabrication, la coulée la plus fréquemment utilisée est la coulée dite Durville, par basculement, elle permet un remplissage avec peu de turbulence. D’autres procédés existent, notons la coulée sous pression, réservée aux séries importantes et permettant d’atteindre des épaisseurs très faibles.
Ensuite, les laitons peuvent subir certains traitements thermiques comme le laminage à chaud, le recuit complet ou le recuit de détente afin d’optimiser leurs propriétés physiques.
Les laitons sont employés couramment en bijouterie, en décoration, en plomberie, en serrurerie et en ferronnerie, dans la fabrication d’instruments de mesure et de musique, ainsi que dans le domaine de l’art.
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Définition : Laiton
Le laiton en chiffres : caractéristiques de l'alliage
Le laiton n'est pas un métal pur mais une famille d'alliages de cuivre et de zinc : ses propriétés mécaniques, électriques et sa résistance à la corrosion varient avec la teneur en zinc et les éléments d'addition (plomb, étain, silicium...). Également apprécié pour sa conductivité, sa facilité de mise en forme et sa couleur, ce matériau est utilisé aussi bien pour des pièces mécaniques que pour la décoration et les bijoux. Le tableau ci-dessous donne les repères d'un laiton courant.
Composition
Cuivre + zinc, en proportions variables (éléments d'addition possibles)
Couleur
Jaune, d'autant plus pâle que la teneur en zinc augmente
Point de fusion
≈ 930 °C (variable selon la composition)
Module de Young
≈ 115 GPa
Conductivité thermique
≈ 121 W/(m·K)
Propriétés clés
Très ductile et malléable, excellente usinabilité, bonne tenue à la corrosion
À quoi sert le laiton dans l'industrie ?
Robinetterie et plomberie : vannes, raccords et robinets, grâce à sa tenue à la corrosion en milieu aqueux.
Décolletage et visserie : l'un des matériaux les plus faciles à usiner en grande série, notamment les laitons au plomb.
Électrotechnique : bornes, connecteurs et pièces conductrices de courant électrique, mises en forme par matriçage ou décolletage, pour leur bonne conductivité.
Instruments de musique : la famille des cuivres (trompettes, saxophones) doit son nom à cet alliage.
Décoration, bijoux et quincaillerie : poignées, serrurerie, objets d'aspect et bijoux fantaisie, pour la couleur or et le poli durable.
Le choix d'une nuance de laiton dépend des propriétés recherchées : composition (teneur en cuivre et éléments d'addition), résistance mécanique, tenue à la corrosion, usinabilité ou conductivité électrique. Ces différentes qualités expliquent pourquoi ce matériau reste l'un des alliages les plus utilisés, des pièces techniques aux objets décoratifs.
Composition et familles de laitons
Le laiton est avant tout défini par sa teneur en zinc, qui gouverne à la fois sa couleur, ses propriétés mécaniques et son aptitude à la mise en forme. En dessous d'environ 37 % de zinc, on parle de laitons monophasés (phase alpha) : très ductiles, ils se déforment facilement à froid et conviennent à l'emboutissage, au pliage et au tréfilage. Au-delà, les laitons biphasés (alpha-bêta) sont plus durs et se travaillent mieux à chaud, par matriçage ou extrusion. Cette gradation permet de couvrir un large éventail d'usages avec une même famille d'alliages.
Des éléments d'addition affinent encore les propriétés. Le plomb, insoluble dans l'alliage, améliore fortement l'usinabilité et fait des laitons de décolletage l'un des matériaux les plus faciles à usiner en grande série. L'étain renforce la tenue à la corrosion en eau de mer (laitons dits navals), tandis que l'aluminium, le manganèse ou le silicium accroissent la résistance mécanique. La composition se lit dans la désignation de la nuance, qui précise les proportions de cuivre, de zinc et des additions.
Connu et utilisé depuis l'Antiquité, le laiton doit sa couleur jaune caractéristique à sa teneur en cuivre : plus celle-ci est élevée, plus l'alliage tire vers le rouge, tandis qu'une forte proportion de zinc l'éclaircit. Cette esthétique, associée à une bonne résistance au ternissement, explique sa présence durable dans la décoration, l'ameublement et les instruments de musique, où il coexiste avec des usages purement techniques. Rare exemple d'alliage à la fois structurel et décoratif, le laiton reste l'un des matériaux cuivreux les plus produits au monde.
Mise en forme et tenue à la corrosion
Le laiton se prête à la quasi-totalité des procédés de mise en forme : fonderie, matriçage à chaud, extrusion, laminage, tréfilage et surtout décolletage, où il domine grâce à sa faible usure d'outil et à ses copeaux fragmentés. Cette polyvalence, associée à un bon rapport coût-performance, explique sa présence massive dans la robinetterie, la connectique et la petite mécanique de précision.
Côté durabilité, le laiton résiste bien à la corrosion atmosphérique et en milieu aqueux, en se couvrant d'une patine protectrice. Il reste sensible à deux phénomènes spécifiques : la dézincification, dissolution sélective du zinc en milieu agressif que corrigent les nuances inhibées, et la corrosion sous contrainte en présence d'ammoniac. Le choix d'une nuance adaptée et, au besoin, d'un traitement de surface permet de maîtriser ces risques selon l'environnement d'usage.
Questions fréquentes à propos de Laiton
Quelle est la composition du laiton ?
Le laiton est composé essentiellement de cuivre et de zinc, en proportions variables selon les nuances. Des éléments d'addition (plomb pour l'usinabilité, étain pour la tenue à l'eau de mer, silicium, fer...) affinent ses propriétés pour chaque usage.
Quelle différence entre le laiton et le bronze ?
Les deux sont des alliages de cuivre, mais le second élément diffère : zinc pour le laiton, étain pour le bronze. Le laiton, jaune et très usinable, domine la robinetterie et le décolletage ; le bronze, plus dur et très résistant à l'usure et à la corrosion, est privilégié pour les coussinets, les hélices marines et les cloches.
Le laiton s'oxyde-t-il ?
Le laiton ne rouille pas (il ne contient pas de fer) mais il se ternit : une patine sombre se forme en surface au contact de l'air et de l'humidité. Cette oxydation superficielle protège le métal et se retire par polissage ; un vernis ou un chromage peut la prévenir sur les pièces d'aspect.
Pour aller plus loin dans la base documentaire : Cuivre et alliages de cuivre · Décolletage : procédés et matériaux · Corrosion des alliages cuivreux