La pandémie mondiale due à la Covid-19 a révélé les vulnérabilités
des supply chains dans plusieurs secteurs critiques qui ont fait l’objet
de vagues d’externalisation successives depuis les années 1990. C’est
le cas, en particulier, de la fabrication de produits informatiques
et électroniques, la fabrication d’équipements électriques, des machines
et biens d’équipements, et des industries alimentaires et pharmaceutiques.
Dans ce secteur, la prise de conscience de la fragilité des chaînes
de valeur et d’approvisionnement a conduit certains gouvernements
à prendre des mesures pour diversifier les sources d’approvisionnement
afin de limiter les pénuries de médicaments, mais aussi pour stimuler
la réindustrialisation en incitant les industriels à relocaliser leur
production plus près des consommateurs.
La vulnérabilité actuelle des chaînes d’approvisionnement du secteur
pharmaceutique s’explique largement par la vague de désindustrialisation
dans l’Union européenne depuis les années 1990 qui a entraîné une
externalisation massive de la production vers des pays à plus bas
coûts, et créé des chaînes de valeur globales, rendues complexes par
le nombre d’acteurs impliqués tant en amont qu’en aval, et par l’allongement
des flux et le recours au transport multimodal.
Cet article explique les facteurs qui ont orienté les acteurs
du secteur pharmaceutique vers des stratégies d’externalisation sur
le marché du médicament, et analyse les conséquences de ces choix
sur le marché français. À partir de l’analyse approfondie de la chaîne
de valeur du médicament, il étudie les problématiques soulevées par
l’externalisation et leurs impacts sur les acteurs et les processus.
Il analyse ensuite les enjeux industriels des vagues successives d’externalisation
dans ce secteur en exposant les causes et les conséquences de ces
choix stratégiques sur les différentes catégories d’acteurs.