Tous ceux qui pratiquent les arcanes de la construction devraient pouvoir s’accorder sur un trait commun aux professionnels de ce secteur : celui de refuser l’idée même de mesure.
Bien sûr, l’exercice des bilans est courant, mais il s’agit là de la dimension financière de toutes les opérations. Par contre, l’affichage des performances technico-économiques est l’objet de démarches dilatoires qui s’abritent derrière la présentation de certifications qui n’ont rien de cohérent et privilégient des effets d’annonce trompeurs car non fondés sur une pratique scientifique. Cette attitude est relayée par une mise en avant de la dimension complexe que représente l’appropriation humaine du bâti. Le processus serait beaucoup trop riche pour être réduit à une modélisation aride et simplificatrice.
Derrière ces arguments qui relèguent la construction au rang d’un art, c’est-à-dire le résultat de décisions strictement personnelles, il y a un penchant beaucoup plus prosaïque qui est celui d’échapper à toute mesure. En effet, celle-ci pourrait être opposée aux différentes parties prenantes et renvoyer chacun à de vraies responsabilités.
À bien y réfléchir, cela traduit une exclusion tacite des utilisateurs finaux de toute la chaîne de valeur. Ce constat ne doit pas faire fi de la véritable complexité du sujet. Mais une approche médiane est certainement accessible. C’est ce qui sous-tend le concept de « signature ». Comment apporter au vu de tous une représentation cohérente et renseignée des performances réelles du bâti ?
Le premier chapitre propose une architecture de ce que recouvre la notion de « signature ». Autant que faire se peut, chacun des paramètres mobilisés à cet effet sera détaillé et instruit avec précision. Le processus engagé s’inscrit dans la perspective de la résolution d’un problème, ce que Pascal désigne comme le fait de « remplacer le défini par sa définition ».
Cette démarche est rendue possible par une nouvelle approche du bâti qui est celle de l’analyse systémique. C’est moins en précisant chacune de ses composantes qu’en analysant le fonctionnement d’ensemble qui résulte des interactions que peut être dégagée une mesure. Cette transposition du raisonnement semble assez prometteuse.
Le second chapitre décline tous les avantages qui peuvent être déduits du concept de « signature ». En effet, l’adoption d’une nouvelle approche ne peut résulter que de l’intérêt potentiel ultérieur. Le changement passe par une espérance de gains réaliste. Mais ce qui rend plausible cette déclinaison réside dans la proximité de cet inventaire avec les enjeux qui traversent actuellement le secteur.
La conjoncture qui est affrontée par tous les professionnels...