La question urbaine a toujours été d’actualité. Elle concernait les urbanistes, les architectes et les édiles. Mais, depuis peu, elle impacte le champ traditionnel de la gestion de projet.
Jusqu’alors, la construction était un objet physique assez spécialisé et dont il s’agissait de gérer trois composants majeurs à savoir : le coût, le délai et la qualité. La dimension urbaine était absente ou, du moins, relevant d’un niveau de décision amont sans interfaces directes avec les éléments strictement techniques.
La montée en puissance de l’environnement, et surtout la prise en compte de l’utilisateur final, a introduit l’urbain comme paramètre à prendre en compte à tous les stades d’un projet. Et cela n’est pas sans conséquence dans le déroulement des opérations. En effet, la présence d’un tiers parmi les techniciens induit un questionnement nouveau qui est celui de la confiance, l’entre soi étant désormais exclu.
Cette évolution n’est cependant pas linéaire. Dans un premier temps, ce sont des corps intermédiaires qui ont pris sur eux de développer de nouveaux labels environnementaux donnant lieu à des certifications ultérieures. Puis, le raisonnement progressif sur la performance énergétique a induit le besoin d’approches multicritères beaucoup plus difficiles à mener à terme.
Et c’est justement la signification de telles démarches qui interpelle quant à leur utilité véritable du point de vue de l’utilisateur final du bâti. Ce qui importe, en effet, reste bien la garantie de résultat, plutôt que la communication sur le formalisme d’une gestion d’opération prétendument contributif au service de l’usager.
Or, associer le bâti aux services attendus de l’utilisateur final, c’est nécessairement s’interroger, d’abord sur son comportement, puis sur sa mobilité et sa relation à l’urbain.
Et c’est aussi mettre en réseau la construction avec les équipements du territoire et ce, à différentes échelles (locale et régionale).
Cette interaction avec l’urbain contribue au dimensionnement du projet. Cela ne se limite pas à un élargissement de périmètre d’étude, mais mobilise surtout une série de paramètres impactants.
Toutefois, au-delà de l’interdépendance statique entre le bâtiment et la morphologie urbaine, il existe une complexité d’ordre supérieur qui est celle de la dynamique d’un écosystème compte tenu de l’interférence des personnes physiques.
Cette dimension systémique, qui ne peut plus être ignorée, suppose bien de revisiter le mode de gestion des projets. Et, pour cela, il est indispensable d’opérer en articulant deux mouvements.
Tout d’abord, l’approfondissement de la nature...