Optimisation du calcul de fiabilité d’un équipement électronique

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Optimisation du calcul de fiabilité d’un équipement électronique

Auteur(s) : Ulysse BOURRET, Nicolas FIFIS

Date de publication : 10 décembre 2025 | Read in english

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RÉSUMÉ

Les niveaux d’exigence de la fiabilité des équipements dans le spatial sont extrêmes. Les méthodes classiques de calcul de fiabilité appliquent uniformément un taux de défaillance à tous les composants, sans distinction de l’impact réel de leurs pannes. Cet article propose une approche d’optimisation qui consiste à ne considérer que les pannes critiques, en excluant celles dont les effets sont mineurs ou tolérables pour le système. En s’appuyant sur une analyse fonctionnelle et sur des modes de défaillance, cette méthode permet de mieux refléter la fiabilité effective des équipements, de réduire les surdimensionnements et d’optimiser les coûts et la masse embarquée.

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AUTEUR(S)

  • Ulysse BOURRET : Ingénieur stagiaire - Thales Alenia Space, Toulouse, France

  • Nicolas FIFIS : Ingénieur sûreté de fonctionnement au service RAMS - Thales Alenia Space, Toulouse, France

 INTRODUCTION

La sûreté de fonctionnement (SdF) regroupe la fiabilité, la maintenabilité, la disponibilité et la sécurité. C’est un pilier de l’ingénierie des systèmes hautement sensibles. Dans les domaines à haut risque technologique comme l’aéronautique, le ferroviaire, l’armement ou le spatial, cette discipline permet d’assurer un haut niveau de confiance entre les utilisateurs et le système. En cela, elle joue un rôle décisif dans les décisions d’architecture, les choix technologiques, mais aussi dans la compétitivité des industriels face à la concurrence toujours plus forte. Dans l’espace, les enjeux sont encore plus critiques ; une fois lancé, un satellite devient inaccessible à toute intervention directe. Abstraction faite de quelques systèmes d’exception, comme certains modules de la Station Spatiale Internationale, la maintenance post-lancement est impossible ou économiquement dissuasive. Cette contrainte impose un niveau de fiabilité très élevé, dès la conception. La moindre petite défaillance peut, à cause d’effets en cascade, entraîner la perte d’un système entier. La phase de conception, dans le spatial, est le point unique où se joue l’essentiel de la sûreté de fonctionnement. Historiquement, les calculs de fiabilité reposent sur des modèles standards, comme le MIL-HDBK-217 ou FIDES, qui attribuent à chaque composant un taux de défaillance estimé, sur la base de son type, de son environnement, de sa qualité ou de ses contraintes de fonctionnement. Contrairement à la MIL-HDBK-217, la norme FIDES introduit notamment la prise en compte des profils de mission, ainsi qu’un facteur de pondération lié à la maturité de la supply chain (MRL), offrant ainsi une approche plus réaliste des conditions d’utilisation. Ces valeurs sont ensuite agrégées, selon des règles statistiques (loi exponentielle, méthodes combinatoires), pour obtenir une estimation globale du risque. Cette démarche a permis de concevoir des satellites extrêmement fiables, mais elle présente plusieurs limites ; elle ne tient pas compte des redondances fonctionnelles, ignore les modes de fonctionnement dégradés, et n’intègre pas le degré d’utilisation réel de certaines fonctions électriques embarquées.

Ces méthodes peuvent surévaluer le risque de défaillance, poussant à surdimensionner les systèmes, ce qui a pour conséquence une augmentation des coûts, de la masse embarquée, et de la complexité. Mais, dans un secteur où chaque gramme et chaque euro compte, cette sur-précaution peut s’avérer contre-productive. C’est précisément pour répondre à cette problématique que Thales Alenia Space développe de nouvelles méthodologies de calcul optimisé de la fiabilité, en s’appuyant sur une analyse fonctionnelle fine, des AMDEC ciblées, et des outils logiciels...

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MOTS-CLÉS

fiabilité   |   électronique   |   industrie aérospatiale   |   normes industrielles

DOI (DIGITAL OBJECT IDENTIFIER)

https://doi.org/10.51257/a-v1-e3588

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