Les antennes sont des éléments clés des systèmes de télécommunications,
des radars ou pour l’Internet des objets, mais leurs performances
en termes de bande de fréquences de fonctionnement, de gain et d’encombrement sont
contraintes, notamment par les limites physiques des matériaux conventionnels.
Les métamatériaux sont apparus au début des années 2000 et ont
suscité depuis de nombreux travaux. Il s’agit de structures artificielles
ayant des propriétés électromagnétiques extraordinaires, telles qu’un
indice de réfraction négatif ou une permittivité et une perméabilité
contrôlées. Ces propriétés, qui n’existent pas à l’état naturel, offrent
de nouveaux degrés de liberté pour la conception d’antennes. Elles
permettent de mettre au point de nouveaux systèmes antennaires, capables
d’améliorer le rayonnement, de le contrôler et de réduire son encombrement.
L’étude des interactions entre l’antenne et le métamatériau représente
un domaine de recherche dynamique associant la physique, l’électromagnétisme
et l’ingénierie des systèmes de télécommunications. Les travaux sur
les métamatériaux sont très nombreux et il est important de définir
précisément les termes utilisés, pour s’y retrouver et mieux se rendre
compte de l’étendue des applications potentielles. Une fois la terminologie
connue, les premiers travaux portant sur la permittivité et la perméabilité
négatives rappelés vont démontrer comment synthétiser ces matériaux
sous les hypothèses importantes de modélisation et d’homogénéisation.
D’autres métamatériaux, comme les lignes composites main droite main
gauche, les surfaces hautes impédances, les conducteurs magnétiques
artificiels vont aussi être présentés et leurs caractéristiques essentielles
permettant de les dimensionner seront détaillées. Cette première phase
est essentielle pour utiliser correctement les métamatériaux avec
les antennes.
Dans de nombreuses applications, les antennes sont en très grande
proximité des métamatériaux et elles interagissent nécessairement
avec ces derniers. Les problématiques sont variées et adressent ainsi
la réduction des dimensions en volume ou en épaisseur, l’augmentation
de la directivité, voire du gain, la formation ou le balayage de faisceau.
L’idée est donc de donner au lecteur un certain nombre de méthodes
pour dimensionner l’antenne avec le métamatériau quand cela est possible,
de préciser certaines limites ou plus simplement de définir l’intérêt
de la solution à métamatériaux proposée.
Le lecteur trouvera en fin d’article un glossaire des termes et
des expressions importants de l’article, ainsi qu’un tableau des notations
et des symboles utilisés.