Développés et mis sur le marché par Sony au début des années 1990
pour répondre aux besoins du marché de l’électronique grand public
alors en très forte expansion (baladeurs, caméscopes, téléphonie mobile,
etc.), les dispositifs de stockage d’énergie électrique que sont les
accumulateurs « lithium-ion » ont révolutionné la technologie des
accumulateurs électrochimiques. En dépit de leur coût initial élevé
– lié à la fois au choix des premiers matériaux utilisés et à leur
coût de développement –, leur densité d’énergie élevée (qui conditionne
l’autonomie du dispositif alimenté) leur a permis, au cours de la
première phase de leur développement
, de rapidement surclasser
les technologies utilisées jusque-là (nickel-cadmium, Ni-MH…). Les
améliorations continues apportées en termes de maturité technologique,
de performances, de volumes de production, combinées à des évolutions
au niveau des matériaux d’électrodes ainsi qu’à une concurrence accrue
sur ce secteur ont, à partir de 2010, permis d’ouvrir une
seconde
phase de leur développement
, en élargissant leur domaine d’applications.
Des marchés réputés jusque-là inaccessibles ont été adressés, tels
que la
mobilité électrique
. Les accumulateurs au lithium se
révèlent désormais être l’outil d’un véritable bouleversement sociétal :
celui de la transition des véhicules à motorisation à combustion interne
utilisant des combustibles fossiles vers des véhicules tout électriques
ou électrifiés (hybrides simples, hybrides rechargeables) peu émetteurs
– lorsque l’électricité utilisée pour les recharger est elle-même
décarbonée – de gaz à effet de serre. Ces développements s’élargiront
probablement dans un proche avenir aux transports en commun et au
transport lourd, et peut-être également à une part du fret maritime,
démultipliant encore les volumes de fabrication, et contribuant à
réduire encore les émissions de gaz à effet de serre responsables
du dérèglement climatique.
Sur un marché déjà en partie verrouillé par des industriels très
majoritairement asiatiques qui, depuis quinze ans, se sont patiemment
préparés à cette révolution, la maîtrise de la plus grande part de
la chaîne de la valeur – depuis l’extraction des matériaux d’électrodes
jusqu’au recyclage en fin de vie – de la batterie Li-ion constitue
un défi redoutable mais obligatoire à relever : il s’agit de réduire
les risques de dépendance vis-à-vis d’un composant clef embarqué,
qui représente une part très significative du coût final du véhicule
(de l’ordre de 40 % en 2024). Cette exigence, qui rejoint celle relative
à la reconquête d’une souveraineté industrielle nationale trop longtemps
négligée en Europe, motive, de la même façon, la recherche de systèmes
« post...