L'ambition de cet article est de présenter les principes de l’écoconception et de dresser la « cartographie » des diverses méthodes possibles pour sa mise en œuvre. Dans un contexte concurrentiel où l’environnement a désormais sa place, il importe en effet que chaque entreprise puisse déterminer quelle est la démarche qui lui convient le mieux pour s’approprier l’écoconception, laquelle consiste à
intégrer l’environnement dans la conception des produits
(biens ou services) et des procédés. Malgré son nom, l’écoconception n’a pas pour but de déséquilibrer la conception au profit de l’environnement. Elle vise à rechercher des compromis pour concilier plusieurs exigences : qualité et performance, faisabilité technique, maîtrise des coûts et respect de l’environnement.
Rigueur et pragmatisme sont ici les deux mots d’ordre. En France, de l’eau a coulé sous les ponts depuis qu’un petit nombre de personnes issues d’horizons divers (universitaires, industries, associations, consultants…) ont découvert, au début des années 1990, la méthodologie de l’analyse du cycle de vie des produits (ACV). Les débats et controverses se sont considérablement apaisés depuis. Tout un ensemble de normes internationales a été élaboré, lesquelles abordent sous divers angles les caractéristiques environnementales des produits : leur évaluation, leur intégration en conception et les diverses formes d’étiquetage environnemental des produits. La plupart de ces normes ont été publiées pour la première fois au cours de la période qui va de 1995 à 2005 et certaines ont déjà fait l’objet de révisions.
L’affirmation principale de cet article est la suivante : on ne peut pas se lancer sereinement dans l’écoconception d’un produit, sans avoir un minimum de connaissances sur les raisonnements de l’analyse du cycle de vie (ACV). Celle-ci reste en effet
la méthode de référence
en matière d’écoconception. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’ACV soit, partout et dans tous les cas, la seule méthode pertinente pour déterminer et justifier des choix d’écoconception. Quelle que soit l’approche retenue, il convient toutefois de ne pas se laisser piéger par des a priori, qui se révêlent parfois être de fausses pistes. Comment distinguer le bon grain de l’ivraie ? En revenant aux fondamentaux, c’est-à-dire en examinant toute question qui se pose à la lumière des notions essentielles de l’ACV.
Quel est ce minimum à connaître en ce qui concerne les « raisonnements de l’ACV » ? C’est l’objet de la première partie de cet article, où l’on trouvera la définition de l’écoconception et une présentation de ses principes, à travers un corpus de notions essentielles que l’on peut considérer comme
...