Cet article, qui s’adresse à des lecteurs ayant des connaissances de base sur la maintenance industrielle, présente les principes de la méthodologie définie dans la norme 60300-3-11(2009) de la Commission électrotechnique internationale pour établir une politique de maintenance basée sur la fiabilité (MBF), notée dans cet article par l’acronyme MBF-CEI. La première section présente les origines de la démarche, initialement conforme à la politique définie par la norme ATA-MSG-3 dans le domaine aéronautique et qui a été ensuite entièrement modifiée pour être applicable à tous les secteurs de l’industrie. La volonté de la CEI dans cette norme MBF est de fournir un cadre méthodologique, des recommandations et des méthodes d’analyse tout en laissant à un utilisateur potentiel plusieurs alternatives sans lui imposer des exigences formelles. La MBF-CEI est définie « comme une méthode pour identifier et sélectionner efficacement des politiques de gestion des défaillances à mettre en œuvre pour atteindre réellement et efficacement la sécurité, la disponibilité et un fonctionnement à l’optimum économique requis ».
Les termes utilisés par cette norme seront définis dans chaque section en fonction des besoins, sachant que la CEI a publié plusieurs normes sur la terminologie à mettre en œuvre pour la sûreté de fonctionnement et sur les Amdec. Ensuite, les formes verbales utilisées feront l’objet de commentaires pour aider le lecteur à faire la distinction entre les éléments à caractère obligatoire et ceux faisant l’objet de recommandations.
La procédure globale préconisée par la CEI pour établir le programme de maintenance MBF comprend cinq étapes et fait l’objet de la seconde section.
La première étape concerne les éléments nécessaires à rassembler avant d’entreprendre le développement du programme de maintenance MBF : objectifs recherchés, contenu de l’analyse, recensement des informations sur le système, définition des conditions de fonctionnement de l’entité, qualification et formation de personnes chargées des études et planification. Elle se concrétise par la rédaction d’un plan d’analyse et du contexte de fonctionnement. La deuxième étape est consacrée à l’analyse des défaillances fonctionnelles. Elle fait appel au recueil et à l’exploitation du retour d’expérience, aux méthodes de décomposition fonctionnelle, à l’inventaire des fonctions de l’entité et à l’utilisation et la rédaction des Amdec (analyse des modes de défaillance de leurs effets et de leur criticité). Compte tenu du fait que les notions de sévérité et de criticité sont importantes à maîtriser pour l’identification des modes dominants de défaillance, les méthodes d’évaluation sont également détaillées. La troisième étape est dédiée aux exigences relatives à la sélection des tâches...