Lorsqu’en 2016, la Commission annonça que la directive 2006/42/CE
avait fait l’objet d’une analyse en vue de sa révision, l’information
suscita une certaine perplexité, tout particulièrement chez les fabricants.
Au sein du Groupe de travail sur les machines
– dont l’un des
auteurs a assuré une présence constante de 2000 à 2023 – certains
experts se sont ainsi demandés comment il était possible de réviser
une directive qui, six ans plus tôt, entrait en application sur l’ensemble
du territoire de l’Union européenne.
Deux décennies avant la naissance du programme REFIT
qui permettra la
révision de la directive Machines, des experts qualifiés du monde
entier avaient communiqué sur les limites des techniques d’apprentissage
automatique dans les situations de sécurité. Le système itératif d’évaluation
et de réduction des risques que les directives 98/37/EC et 2006/42/EC
avaient imposé comme filtre pour le passage de toute machine de la
conception à la commercialisation avait également été consolidé et
bien intégré par les parties prenantes. Il est difficile dès lors
d’imaginer que les responsables politiques de l’unité d’ingénierie
mécanique de la Commission n’avaient pas à leur disposition de telles
informations.
Parmi les nombreux angles qui pouvaient être utilisés pour analyser
le règlement à l’étude, les auteurs (l’un juriste et l’autre ingénieur)
ont choisi une lecture qui combine la présentation des éléments nouveaux,
leurs commentaires, à l’analyse des allégations présentes dans le
texte.
Cet article s’adresse ainsi à un public hétérogène d’ingénieurs,
de juristes et de chercheurs. Nous espérons qu’il contribuera à faire
émerger les concepts clés ignorés par le règlement et à relancer les
efforts des parties prenantes pour remédier aux approximations et
aux incohérences qui y sont exprimées.
Le fonctionnement général du nouveau règlement Machines sera donc
présenté (section