Dès 3 000 ans av. J.-C., les Babyloniens peignaient leurs ongles avec du khôl tandis que les chinois, et notamment la famille royale, les recouvraient avec un mélange à base de gomme arabique, de blanc d’œuf, de gélatine, de cire d’abeille et parfois d’extraits végétaux. L’art de la manucure est revenu en force au XVIII
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siècle en Europe où les ongles sont limés, polis voire blanchis avec du vinaigre ou du jus de citron puis colorés avec une huile rouge parfumée au début du XIX
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. Peu à peu, des poudres lustrantes et des crèmes colorées sont employées afin d’obtenir une surface lisse et brillante. Dès lors, les vernis à ongles connaissent une évolution singulière impactée par trois facteurs : la mise à disposition de nouvelles matières premières, la mode et, plus récemment, la réglementation. Aux poudres lustrantes, ont successivement été ajoutés des pigments colorants, des cires et des résines offrant des vernis pâteux, des solvants permettant l’obtention d’une formulation liquide puis d’un film après application et évaporation, des agents filmogènes puis des agents rhéologiques. Les vernis à ongles sont peu à peu devenus des formulations complexes, à la frontière entre les cosmétiques et les revêtements, maquillant l’ongle en formant une pellicule souple et brillante à sa surface. Après la première guerre mondiale, l’utilisation de la nitrocellulose, aux propriétés filmogènes remarquables, et des pigments couvrants comme le dioxyde de titane, a permis l’obtention des premiers vernis de qualité semblables aux vernis actuels. Le vernis est devenu un accessoire de maquillage commun, souvent associé au rouge à lèvres dont les propriétés fonctionnelles ont très vite été imposées par les consommateurs. Un vernis à ongles doit idéalement être facile à appliquer, sécher rapidement et ce, sans odeur. Toutefois, ce sont surtout les propriétés du film qui importent ; il doit notamment être brillant, avoir une bonne tenue dans le temps, être résistant à l’eau et stable en couleur.
La nécessité d’obtenir un produit respectueux de l’environnement et de l’Homme, et les nombreuses exigences techniques ont par ailleurs complexifié la tâche du formulateur. D’autant plus que les directives relatives aux cosmétiques de 1976 et 2009, entre autres, ont diminué le nombre de matières premières disponibles. Néanmoins, le marché des vernis à ongles, estimé à plus de 5 milliards d’euros en 2013 avec une progression de 36 % en trois ans, motive toujours les industriels à innover dans un des marchés cosmétiques les plus porteurs.
Afin d’aborder ces formulations complexes et de comprendre leurs mécanismes de fonctionnement, l’anatomie, la composition et la physicochimie de l’ongle sont d'abord décrites....