C’est dans les temps les plus reculés de la préhistoire que l’on trouve l’origine de la conception des premiers produits ou de ce que l’on nomme académiquement « artefact » soit « phénomène artificiel d’origine humaine ».
En effet, qu’il soit dédié à la défense, à la transformation des modes de vie, à l’embellissement, au confort, le produit était déjà, dès cette période, un objet d’exercice du génie humain et le témoin de la vie locale. Depuis lors, les produits restent les principales traces de l’évolution technique et sociale de toute civilisation. Tenter de comprendre pourquoi et comment sont conçus, consommés, conservés les produits qui nous entourent procède d’une sorte de paléontologie appliquée aux temps présents. L’exercice n’est ni simple, ni trivial : il s’agit de retrouver, comprendre et analyser les éléments qui ont structuré la conception en dehors de toute opinion partisane.
Par exemple, l’évolution récente résultant de la conjonction de deux révolutions de pensées, anglaise pour le côté industrie (produire plus vite, moins cher, et beaucoup plus), française et américaine pour le côté politique (accès au droit et égalité pour tous), qui ont permis la naissance puis le développement du Design industriel. Les produits conçus sur un mode artisanal réservés à la clientèle de l’aristocratie et de la grande bourgeoisie, créant ainsi le domaine du luxe exportable, et les produits utilitaires destinés à une population plus large mais localement limitée, ont laissé place aux produits industriels (Y. Deforge 1993) destinés au plus grand nombre et ont conduit au fil du temps à la globalisation actuelle (A. Cayol 2018).
Qu’on aborde les moyens de le produire, la nature et l’urgence du besoin à satisfaire, les fonctions à assurer, les contraintes économiques et sociales à surmonter, les idéologies dominantes, les façons de les utiliser, voire de les détourner, tous ces éléments déjà très variés diffèrent également selon l’époque, le lieu, mais aussi le produit en lui-même. Ce regard neutre, dans un monde où la communication a tendance à brouiller l’information, met en évidence la complexité inhérente à la conception de produits que l’on retrouve inexorablement, y compris dans les produits les plus simples.
Concevoir, analyser, juger un produit demande une prise de recul difficile à mettre en œuvre tant les points de vue sont multiples et, pourtant à chaque fois nécessaires, tant l’émotionnel peut se mêler au rationnel et l’indifférence côtoyer le passionnel. Comment passer de la cacophonie, que représente une masse de données désordonnées, au concert qui les mettra en harmonie pour constituer un produit réussi ?
Suivant le prisme d’une démarche qualité, les étapes du cycle de vie du produit...