Les normes techniques sont un instrument de pouvoir économique dont le résultat est le fruit d’un consensus sous la pression d’intérêts multiples y compris de lobbies (voir les quelques articles cités dans le
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). Elles sont source d’exigences facultatives et parfois impératives.
Il faut donc concilier ce qui est technique, donc parfois aléatoire, avec des obligations qui entraînent des responsabilités.
Nous essayons ici de cerner la portée juridique de la référence aux normes, de leur intégration dans le management de programmes industriels en général et le développement de produits en particulier.
Les normes techniques se confondent souvent à tort avec les normes juridiques dont l’application est impérative. Ces dernières font, par ailleurs, souvent appel aux premières, ce qui contribue à la confusion des genres. Les appels à la simplification administrative et à la baisse de la pression normative concernent davantage les normes réglementaires.
Les normes techniques sont des documents dont l’identification est parfois incertaine. Il s’agit de documents, prenant le plus souvent la forme de spécifications techniques, consacrées en normes par un ou plusieurs organismes de normalisation. Ces organismes font l’objet d’une reconnaissance par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Dans son accord sur les obstacles techniques au commerce (OTC), l’OMC définit ainsi la norme :
« Document approuvé par un organisme reconnu, qui fournit, pour des usages communs et répétés, des règles, des lignes directrices ou des caractéristiques pour des produits ou des procédés et des méthodes de production connexes,
dont le respect n’est pas obligatoire
. Il peut aussi traiter en partie ou en totalité de terminologie, de symboles, de prescriptions en matière d’emballage, de marquage ou d’étiquetage, pour un produit, un procédé ou une méthode de production donnés.
»
L’accord OTC (voir Nota) ne porte que sur les règlements techniques, les normes et procédures d’évaluation de la conformité se rapportant à des produits ou à des procédés et à des méthodes de production. Or, les normes ne se limitent pas au domaine d’application de l’accord OTC sur les marchandises. Outre les services et les prestations associés, lucratifs ou non : le secours aux victimes par exemple, les normes peuvent concerner le fonctionnement des organismes au niveau de leurs processus opérationnels et fonctionnels, y compris managériaux : qualité, Éthique sociale, responsabilité sociétale, développement durable, résilience, continuité d’activité, sûreté,...