Tout comme la navigation maritime, la navigation fluviale ou la
navigation intérieure s’est développée très tôt sur les fleuves et
sur les rivières et est demeurée prépondérante en France pour le transport
de marchandises jusqu’au développement du réseau ferroviaire au cours
du 19
e
siècle, puis du réseau routier dans la seconde moitié
du 20
e
siècle.
Ainsi, le géographe grec contemporain de César, Strabon écrit-il
au
début de notre ère à propos des fleuves de la Gaule : «
En général,
ces fleuves coulent dans des plaines ou le long de collines dont la
pente douce ne gêne en rien la navigation. Ils sont de plus si heureusement
distribués entre eux qu’on peut faire passer aisément les marchandises
d’une mer à l’autre : à la vérité, il faut user de charrois dans une
partie du trajet, mais c’est sur un espace peu étendu et d’ailleurs
tout en plaine, où le chemin, par conséquent, n’offre pas de difficulté,
et la plus grande partie du trajet se fait bien par la voie des fleuves,
qu’on remonte et qu’on descend alternativement. Le Rhône, à ce point
de vue, l’emporte sur tous les autres fleuves
… ».
Au cours du Moyen Âge, l’installation de moulins sur les cours
d’eau va nécessiter de prévoir des pertuis pour y laisser passer la
navigation, ce qui occasionne des divergences d’intérêt entre mariniers
et propriétaires des moulins, jusqu’à ce que l’apparition de plans
inclinés au 12
e
sur les terres basses des Flandres, puis
de l’écluse à Bruges, introduite bien plus tard en France par Léonard
de Vinci au 16
e
pour concevoir le canal de l’Ourcq destiné
à amener à Paris les eaux de l’Ourcq et de la Marne, permette progressivement
d’étendre les voies navigables aux canaux, notamment avec l’invention
du canal à bief de partage d’Adam de Craponne en 1525.
C’est ainsi qu’en 1604, Sully fit entreprendre la réalisation
du canal de Briare destiné à relier la Seine à la Loire par la vallée
du Loing.
À cette époque, le flottage est très développé puisque les fleuves
permettent aisément de faire descendre du bois en région parisienne.
Le canal du Languedoc ou canal des Deux mers qui doit beaucoup à la
ténacité de Riquet