Les travaux de recherche, quelle que soit la discipline, reposent
sur des normes principalement fixées par les communautés scientifiques.
S’ils visent à contribuer au corpus des connaissances existantes par
des apports fiables, il est indispensable que ces derniers soient
menés avec rigueur et honnêteté. Les normes inhérentes à la pratique
de la recherche correspondent ainsi à des exigences méthodologiques,
une rigueur d’analyse, de la transparence sur les étapes du processus
et de bonnes pratiques de diffusion et de communication, en particulier
en matière de qualité des supports, de revue par les pairs, et de
reconnaissance des contributions. Le respect de ces exigences est
la condition de la confiance que le public peut accorder aux chercheurs
et chercheuses, et aux résultats de leurs travaux.
L’intégrité scientifique fait l’objet d’une attention croissante
depuis le début des années 1980, non tant comme une part de l’épistémologie
qu’en propre, comme objet de réflexion et d’action. D’une part, parce
qu’au-delà des grands principes communs, les pratiques et méthodologies
propres à chaque discipline sont en évolution perpétuelle, constituant
un intéressant sujet d’étude. D’autre part, parce que les activités
de recherche sont intégrées à des systèmes académiques globalisés,
de plus en plus compétitifs, au sein desquels – comme le soulignent
les principes de Hong Kong en 2019 – les pratiques d’évaluation et
de reconnaissance laissent une place encore trop importante à des
critères d’impact supposé de la recherche, au détriment du critère
de sa rigueur
. Enfin, parce que la mise en lumière, voire la médiatisation
de cas de fraudes scientifiques, ont commencé à constituer une menace
croissante pour la confiance établie entre les communautés de recherche
et les autres composantes de la société. Comme le rappelle Pierre
Corvol, les malhonnêtetés ou fraudes scientifiques ont des conséquences
graves au niveau sociétal : outre la circulation de résultats erronés,
celles-ci risquent de jeter une suspicion durable sur la nature même
des finalités et de l’apport de la recherche. Les pouvoirs publics
ont identifié la nécessité d’intervenir pour inciter à déployer et
mettre en œuvre des politiques d’intégrité scientifique, ainsi que
des dispositifs pour gérer d’éventuels manquements à celle-ci. La
multiplication d’initiatives en ce sens, partout dans le monde, a
permis de progressivement formaliser les grands principes communs
et acceptés de la « recherche responsable ».
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