D’après les analyses statistiques sur les causes de la défaillance
des composants mécaniques, on constate que, dans la grande majorité
des cas, la défaillance est due à la rupture de la pièce avec un amorçage en surface. La qualité de la couche superficielle est
donc un facteur essentiel pour l’intégrité mécanique des structures
mécaniques. En effet, les zones superficielles sont souvent les plus
sollicitées à causes des concentrations de contraintes imposées par
la géométrie d’une pièce mécanique qui possède des trous, des entailles
et autres discontinuités géométriques. En plus, à l’exception des
sollicitations mécaniques par contact, les contraintes d’origines
mécaniques et thermomécaniques sont très souvent maximales en surface,
on peut citer la flexion et la torsion, et le choc thermique. Même
pour une sollicitation en traction, les rugosités en surface génèrent
une concentration de contraintes locales qui fait augmenter le niveau
de contraintes mécaniques. La surface d’une pièce mécanique est aussi
une zone de contact avec l’environnement hostile comme l’air, pour
des problèmes d’oxydation, et le milieu corrosif. Elle est également
la partie d’une pièce où se produisent les phénomènes de fretting,
d’usure et de frottement, de grippage et de matage. Combinant tous
les facteurs défavorables, la surface d’une pièce mécanique est une zone particulièrement vulnérable qui intéresse les mécaniciens
pour la conception mécanique et les spécialistes de matériaux pour
améliorer les performances mécaniques et globales.
Pour améliorer les propriétés de surface, il existe un nombre
important de procédés de fabrication comme les traitements thermiques
et thermochimiques, les dépôts en phase vapeur (PVD et CVD), les projections
thermiques, les traitements de surface mécaniques. Dans ce
dossier, nous allons traiter essentiellement la dernière catégorie
de traitements.
Les traitements de surface mécaniques sont des procédés qui permettent
d’améliorer les performances des matériaux par une action combinée
de durcissement superficiel, de modification structurale et d’introduction de contraintes résiduelles de compression grâce à une déformation plastique hétérogène à la surface des composants
mécaniques. Les traitements les plus utilisés sont le grenaillage
de précontrainte, le galetage, le martelage, le choc laser, la génération de nanostructures par des déformations
plastiques aléatoires introduites à la surface des matériaux. Le principe
de base est la mise en application d’une pression à la surface
d’un matériau pour provoquer une déformation plastique soit
par un outil de forme comme pour le grenaillage ou le galetage, soit
par une onde de choc comme pour le traitement par choc laser. Cette
déformation plastique n’est pas homogène...