La fonderie d’aluminium a connu un développement remarquable dans
l’industrie automobile, où son emploi a plus que doublé dans les trente
dernières années en raison de la recherche d’allègement et d’économie
de carburant. Bien que l’automobile soit l’application prédominante,
la fonderie fournit aussi nombre de secteurs, dont les industries
mécanique, ferroviaire, électrique et aéronautique.
Pour un grand nombre de réalisations, le choix de la technique
de production (fonderie, assemblage mécano-soudé, forge, emboutissage,
extrusion…) et du matériau (aluminium, fonte, acier, magnésium, cuivreux,
polymère…) se pose à la fois en termes techniques et économiques.
Le présent document vise à renseigner essentiellement le volet technique
relatif à la fonderie d’aluminium.
Les alliages d’aluminium destinés à la fonderie (ou moulage) sont
assez différents de ceux destinés au corroyage. La famille absolument
prédominante est celle des Al-Si, ceci en raison des excellentes propriétés
de fonderie que confère le silicium aux alliages d’aluminium.
La notion même de propriétés mécaniques (que ce soit en statique,
fatigue, résilience) des alliages de fonderie est complexe : elle
n’a de sens que si l’on considère la combinaison composition + traitement
thermique + géométrie de la pièce + procédé de moulage. En effet,
les caractéristiques mécaniques sont très fortement influencées par
la vitesse de solidification, qui dépend fortement des deux derniers
facteurs. Il existe tout une gamme de procédés de fonderie (sable,
coquille, coulée sous basse pression, coulée sous pression, cire perdue,
lost foam
, rhéomoulage…) et pour chaque pièce le choix doit être
fait en fonction d’impératifs économiques et techniques. La résistance
à la corrosion peut être un facteur critique pour nombre d’applications :
elle dépend essentiellement de la composition et du traitement thermique
de l’alliage.
La qualité métallurgique des pièces (absence de porosité et d’inclusions,
en particulier d’oxydes) et leurs traitements de modification ou d’affinage
sont également déterminants pour l’obtention de bonnes caractéristiques,
surtout en ce qui concerne ductilité et fatigue, deux points essentiels
pour les pièces de sécurité.
Les alliages d’aluminium de fonderie peuvent être élaborés à partir
de deux principaux types de matières premières :
aluminium pur provenant directement des cuves d’une usine
d’électrolyse, auquel sont ajoutés les éléments constitutifs de l’alliage,
ce sont les
alliages de première fusion
; un mode d’élaboration
assimilé à la première fusion consiste à refondre des lingots d’aluminium...