Comme tous les phénomènes de corrosion, la
corrosion sèche
se manifeste par une dégradation des matériaux élaborés par l’activité humaine, entraînant leur retour à une forme plus stable. Cette dégradation se déroule en l’absence de phase liquide jouant le rôle d’électrolyte. L’absence d’électrolyte et la relative lenteur des phénomènes qui en découle imposent, pour que ce type de corrosion soit actif, une température élevée. On parle ainsi souvent de
corrosion à haute température
(« high temperature corrosion »), d’
oxydation thermique
(« thermal oxidation ») ou de
corrosion par les gaz chauds
(en français uniquement).
Une différence fondamentale provenant de l’absence de phase liquide en corrosion sèche apparaît au niveau de l’importance relative des situations d’immunité et de passivation. En environnement aqueux, l’absence de corrosion résulte de l’une ou l’autre de ces situations. On connaît, en particulier, l’importance industrielle de la protection cathodique, obtenue par potentiel imposé ou par application d’un revêtement sacrificiel. En corrosion sèche, comme on le montre dans l’article suivant
, les situations d’immunité sont hautement improbables, sauf à considérer des métaux très nobles qui sont sans application industrielle à chaud. L’absence de corrosion sèche résulte toujours d’une situation de passivité où la vitesse de corrosion est quasi nulle. Cette situation est « intrinsèque » si le matériau métallique est utilisé à une température suffisamment basse, « extrinsèque » si un élément d’alliage judicieusement choisi produit un film protecteur dont la vitesse de croissance est, elle-même, très faible.
Les matériaux métalliques (métaux ou alliages) sont les plus touchés par la corrosion sèche, mais les céramiques non oxydes, de type borure, nitrure ou carbure sont évidemment également concernées. Cet article, limité au comportement des matériaux métalliques, n’en fait pas état. Le lecteur trouvera en référence des indications récentes sur la corrosion sèche des céramiques
[1]
.
Nota :
Cette étude théorique sur la corrosion sèche des métaux se compose de deux parties :
[M 4 220] - Corrosion sèche des métaux. Méthodes d’étude ;
- Corrosion sèche des métaux. Mécanismes ; auxquels se rattache un fascicule de documentation « Pour en savoir plus » ;
- Corrosion sèche des métaux. Méthodes d’étude et mécanismes....