Le feu, s’il ne provoque plus heureusement les grandes catastrophes très meurtrières du Moyen Âge comme l’incendie de Londres, ou plus près de nous l’incendie du Mont-Blanc, est encore responsable de la mort de nombreuses personnes chaque année. Les sinistres industriels sont, pour leur part, toujours plus importants en volume et en coût. Le problème du feu n’est donc pas encore maîtrisé.
Pendant de nombreuses années tous les moyens empiriques ont été utilisés pour pallier le manque de connaissances scientifiques, techniques et même pratiques. Le feu se traitait à l’aide de solutions plus ou moins aléatoires, quelquefois en oubliant les principes fondamentaux applicables à tout système, tel celui « du maillon le plus faible ».
Depuis quelques années, les études et les recherches ont été rationalisées. Des scientifiques, par leurs travaux, ont permis d’établir les bases de la science du feu. Si les phénomènes de combustion d’éléments très simples, par exemple les gaz, sont connus depuis très longtemps, les principes de décomposition et de combustion des matériaux, bien qu’ayant fait de grands progrès ces dernières années, font encore l’objet de bien des recherches.
La connaissance des mécanismes de dégradation thermique des matières plastiques ne suffit malheureusement pas à établir les concepts de
sécurité incendie
applicables à tous les cas possibles d’utilisation du matériau. Le nombre de paramètres propres à un matériau est déjà très important, mais ceux dus à son environnement et à son évolution, aussi bien pendant son utilisation que pendant le déroulement du phénomène thermique à l’origine de l’incendie, le sont bien plus encore.
La solution de réaliser les essais en vraie grandeur vient alors à l’esprit, mais ses limites relèvent aussi des considérations précédentes, et cet essai ne représentera qu’une infime partie des possibilités que l’on peut rencontrer dans la réalité.
Les
essais de comportement au feu sur matériaux
, plus faciles à mettre en œuvre, se situent entre les deux types d’essais mentionnés ci-avant. Les premières générations empiriques ont été remplacées par des méthodes plus techniques et plus scientifiques.
À cet égard, nous sommes à un tournant de l’évolution, car les grands progrès de la modélisation des incendies demandent de plus en plus de grandeurs mesurées pour la validation des modèles.
Les essais de comportement au feu sur matériaux doivent évoluer pour participer à ce mouvement. Ainsi, les mesures de débit calorifique font partie du type d’essais qui permettront d’établir un lien technique et scientifique entre les essais...