RÉSUMÉ
Les polymères représentent un grand intérêt pour les industries chimiques et des matériaux, mais le coût associé à leur mise sur le marché reste un facteur qui limite leur développement. Pourtant, l’industrie recherche des mélanges de polymères ou la synthèse de copolymères possédant des propriétés spécifiques, comme la rigidité, la dureté et la résistance à la chaleur. Les techniques de simulation moléculaire permettent à moindre frais d’effectuer les meilleurs compromis et de retenir les compositions de polymères les plus prometteurs. Les méthodes mésoscopiques, situées entre les niveaux de représentation macroscopique et atomistique, correspondent au niveau de détail associé à la morphologie, et pour cette raison répondent parfaitement à ce besoin.
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INTRODUCTION
Les polymères représentent une classe de matériaux de grand intérêt pour les industries chimiques et des matériaux. Ils comptent en effet parmi les fabrications des industries chimiques ayant le plus large volume de production et les matériaux engendrant les plus grands profits. Peu de nouveaux polymères industriels voient toutefois le jour ; les nouveaux polymères restent principalement l'apanage de recherches académiques. Le coût associé à leur mise sur le marché est en effet un facteur limitant. Ce qui est plutôt recherché dans l'industrie est l'obtention de propriétés spécifiques en effectuant des mélanges de polymères, ou la synthèse de copolymères. Il suffit de penser à l'ABS, terpolymère intervenant dans la fabrication des premiers pneus. Ce copolymère associe la rigidité, la dureté et la résistance à la chaleur, grâce à une juste combinaison des trois monomères. Il n'en demeure pas moins qu'une forte composante expérimentale est mise à contribution pour trouver le meilleur compromis, c'est-à-dire la composition des différents polymères ou chaînons du copolymère, offrant la propriété optimale (tout en préservant les autres propriétés). Afin de pallier les problèmes de temps et de coût associés à la recherche du meilleur candidat, la
simulation moléculaire
est parfaitement appropriée.
Le choix de la méthode de simulation la plus appropriée à la demande d'un industriel dépend principalement du niveau de détail qu'il est nécessaire de connaître. Dans le cas de l'étude de mélanges, à cause d'une entropie de mélange beaucoup plus faible lorsqu'un des constituants est un polymère, comparativement aux mélanges de molécules de faible masse molaire, des démixtions interviennent. Le matériau va donc présenter des domaines riches en l'un ou l'autre des composés. En modulant la tension d'interface entre les deux composants, on modifie la morphologie du matériau, ce qui va permettre d'obtenir les propriétés désirées. La connaissance de la
morphologie du système polymérique
est donc primordiale pour ajuster au mieux les propriétés d'importance pour des applications pratiques. Le niveau de détail associé à la morphologie correspond à l'échelle dite
mésoscopique
. L'approche traitée dans ce dossier va
du microscopique vers le macroscopique
: en anglais, les termes « Bottom-Up » sont employés. Il ne sera pas question de l'inverse (en anglais « Top-Down »).
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Modélisation mésoscopique des polymères