Dans le champ de la métrologie, la mesure de la tension en courant
continu revêt un caractère fondamental, car une proportion significative
de procédés de mesure aboutissent à cette grandeur à la suite d’une
opération de conversion. Deux approches principales coexistent : les
méthodes dites d’opposition ou de zéro, fondées sur une tension de
référence et des techniques d’équilibrage de rapport, et les méthodes
de lecture directe, reposant sur l’emploi d’un voltmètre. L’article
expose les principes, dispositifs et limites de ces techniques, ainsi
que les phénomènes perturbateurs susceptibles de dégrader la qualité
des résultats.
Les méthodes d’opposition consistent à équilibrer la tension étudiée
avec une source de référence. Elles nécessitent un dispositif de référence
(réseaux Josephson, diodes Zener stabilisées, calibrateurs de tension),
un organe d’équilibrage (diviseurs résistifs ou transformateurs) et
un détecteur de zéro (galvanomètre ou nanovoltmètre). Les réseaux
de jonctions Josephson, fondés sur les effets quantiques, sont devenus
la référence internationale pour la définition du volt. En assemblant
des milliers de jonctions, ils fournissent des tensions stables et
parfaitement traçables jusqu’à 10 V. Les références à des semi-conducteurs,
basées sur des diodes Zener compensées en température ou des amplificateurs
de référence, offrent des solutions robustes et largement utilisées
dans les laboratoires et instruments commerciaux. Les calibrateurs
programmables, combinant ces références à des convertisseurs numériques-analogiques
de haute précision, permettent pour leur part d’assurer la couverture
d’un large domaine de tension. Enfin, les ponts potentiométriques,
fixes ou variables, ainsi que les ponts à comparateur de courant,
assurent des comparaisons fines par division de tension ou transfert
de courant, atteignant des niveaux de justesse inaccessibles aux méthodes
directes.
Les méthodes voltmétriques reposent sur l’emploi d’un voltmètre
analogique ou numérique. Si leur incertitude est généralement plus
élevée, leur mise en œuvre est plus simple, rapide et adaptée aux
usages courants. Les voltmètres analogiques exploitent divers principes
(galvanomètres magnétoélectriques, électrodynamiques, électrostatiques)
et restent utilisés dans des contextes spécifiques. Les voltmètres
numériques, beaucoup plus répandus aujourd’hui, s’appuient sur des
convertisseurs analogique-numérique variés : intégration à double
ou multiples rampes, approximations successives (SAR), sigma-delta
ou redistribution de charge. Ces techniques conditionnent la résolution,
la rapidité et la linéarité des appareils.
Outre les performances intrinsèques des instruments, la fiabilité
des mesures est fortement affectée par des phénomènes perturbateurs.
L’impédance...