L’article précédent
[BM 5 572]
de cette série a présenté les
bases de la modélisation mécanique des assemblages à brides boulonnées.
Il a notamment introduit les hypothèses de calcul utilisées dans les
principaux codes et normes, ainsi que les méthodes analytiques permettant
d’évaluer les contraintes dans les différents composants de l’assemblage,
en particulier la méthode Taylor Forge pour le dimensionnement des
brides. Les notions de surface effective du joint, de précontrainte
de la boulonnerie et les principaux chargements appliqués à l’assemblage
ont également été rappelées.
Une fois ces éléments établis, la question centrale devient la
détermination du serrage à appliquer lors du montage de l’assemblage.
Ce serrage doit être suffisant pour assurer l’étanchéité de la liaison,
tout en restant compatible avec les limites de résistance mécanique
des différents composants. En pratique, le serrage d’un assemblage
à brides boulonnées ne peut donc pas être choisi arbitrairement :
il doit se situer dans un domaine admissible encadré par deux limites
fondamentales.
La borne inférieure correspond aux conditions minimales nécessaires
pour garantir l’étanchéité de la liaison. Elle est généralement liée
à la pression d’assise du joint, au maintien d’une compression résiduelle
suffisante en service ou, dans certains cas, à l’existence d’un contact
métal-métal ou d’une précontrainte minimale dans la boulonnerie. À
l’inverse, la borne supérieure est imposée par la tenue mécanique
des composants de l’assemblage : résistance des brides, limites de
compression du joint et résistance de la boulonnerie.
La méthode TBSS (Tight Between Seal and Strength) repose sur cette
approche. Elle consiste à exprimer les différentes conditions mécaniques
de l’assemblage sous forme d’efforts de serrage équivalents afin de
définir directement un domaine de serrage admissible compris entre
les limites d’étanchéité et de résistance mécanique. Le serrage opérationnel
correspond alors à une valeur cible située à l’intérieur de cet intervalle,
tenant compte des incertitudes associées aux procédés de serrage et
à la dispersion des efforts réellement appliqués.
Au-delà de la seule détermination du serrage, cette méthode permet
également d’intégrer les différents moyens de serrage utilisés en
pratique (couple appliqué, contrôle d’allongement des boulons, méthodes
hydrauliques) ainsi que les incertitudes...