Les turboréacteurs qui équipent les avions civils et militaires actuels font appel à un très vaste et unique domaine de matériaux, du fait de la large plage de température de fonctionnement de ces derniers (− 50 ˚C à 1 250 ˚C). Ces matériaux ont d’ailleurs souvent trouvé leur source de développement à partir des besoins de cette industrie (alliages de titane pour haute température ou haute résistance, superalliages de nickel de la métallurgie des poudres ou monocristallins...).
Les progrès constants demandés aux concepteurs, pour augmenter le rapport poussée/masse de ces turboréacteurs et réduire de façon drastique les coûts de possession, ont conduit à la mise en œuvre de techniques d’assemblage métallurgique (soudage, brasage et procédés dérivés), disponibles ou spécifiques, pour réduire la masse des ensembles et pour pouvoir en réparer certains à grande valeur ajoutée, auparavant rebutés.
Une spécificité des assemblages propres à cette industrie aéronautique est le niveau élevé de qualité qui doit être démontré, eu égard aux risques associés au transport de personnes.
Les principales familles de pièces des turboréacteurs sont :
les
pièces tournantes
: ensembles de disques de compresseurs « basse pression » et « haute pression », mettant en œuvre respectivement différents alliages de titane et des superalliages de nickel corroyés à fort durcissement structural. Ces pièces sont dimensionnées en fatigue oligocyclique et à durée de vie contractuelle. Les procédés mis en œuvre sont essentiellement le soudage par faisceau d’électrons et le soudage par friction inertielle ;
les
carters structuraux
, en alliages de nickel et de cobalt, corroyés ou coulés. Ils sont dimensionnés en fatigue vibratoire. Les procédés mis en œuvre sont le soudage à l’arc (TIG : « tungsten inert gas », plasma) et le soudage laser ;
les
pièces fixes et mobiles de turbines
travaillent de 700 ˚C à plus de 1 100 ˚C. Elles sont, pour la part essentielle, en superalliages de nickel coulés à la cire perdue, à structure équiaxe, colonnaire ou monocristalline. Du fait de la très faible soudabilité de ces alliages, les principaux procédés mis en œuvre sont le brasage-diffusion et ses dérivés.
Pour ces trois familles de pièces, nous décrivons successivement :