Afin de
décomposer les mouvements d’objets
trop rapides
pour être saisis par l’œil, la cinématographie optique a depuis ses
origines
[1]
mis à profit trois dimensions contenues dans chaque image (deux
dimensions d’espace et une d’intensité). La « base de temps » qui
fournit la succession régulière des images permet de
localiser
l’évolution d’un objet à différents instants
et d’accéder à la
mesure de sa vitesse, voire de son accélération ; dans le cas où il
se déforme, la vitesse de déformation pourra être mesurée. Transposée
en milieu industriel ou au laboratoire, cette technique permet également
les mesures de
chronométrie
et de
synchronisation d’événements
. La dimension d’intensité lumineuse, lorsqu’elle est rattachée à
des informations spectrales, peut également donner accès à l’évolution
de la température des objets observés.
Les années 1950 ont rendu accessibles les temps d’analyse allant
de la milliseconde jusqu’au domaine de la microseconde pour les équipements
spécifiques les plus élaborés de l’époque. De nombreuses applications
de type industriel correspondent à cette gamme de temps.
Les années 1960 ont vu ces caméras optiques atteindre progressivement
leurs limites ultimes de résolution. Elles ont alors cédé la place
aux
caméras électroniques
, temporellement plus résolvantes,
qui mettent en œuvre la double conversion photons-électron puis électron-photons
dans un tube électronique dit «
convertisseur d’images
». L’accroissement
de rapidité apporté grâce à la manipulation électronique de l’image
intermédiaire donne accès
au domaine des temps compris entre la
microseconde
(10
−6
s)
et la picoseconde
(10
−12
s) pour les caméras standards, dégageant ainsi un champ
d’application particulièrement vaste au niveau des laboratoires.
Les
caméras les plus performantes
atteignent actuellement
une
résolution temporelle voisine de quelques centaines de femtosecondes
(1 femtoseconde = 10
−15
s) en mode dit « balayage de
fente », ce qui reste encore deux à trois ordres de grandeur au-dessus
des impulsions lumineuses les plus brèves actuellement produites.