Ingénieurs et scientifiques utilisent couramment la lumière dans
une myriade de systèmes, soit comme « témoin », pour des diagnostics
ou des détections, soit de plus en plus comme moyen d’action, pour
l’usinage, les traitements de surface, la purification, la chirurgie,
en passant par les énergies renouvelables comme l’énergie solaire.
La compréhension de ces techniques passe par la forme d’interaction
propre au type de lumière et au type de matière mises en œuvre. Les
différents constituants de la matière que sont les atomes et les molécules
définissent les caractéristiques de ces interactions, c’est ce que
nous appelons ici l’optique des milieux matériels et que nous abordons
dans cet article. Nous savons aujourd’hui avec un grand raffinement
comment la mécanique quantique gouverne tout cela. Elle est née en
bonne partie de l’observation des spectres « de raies » des atomes
et leur a donné leur explication admise depuis un siècle. Nous nous
sommes fixé ici comme boussole de proposer une compréhension généraliste
de l’interaction lumière-matière en analysant les degrés de liberté
de la matière, les particules qui les portent et les répartitions
d’énergie qu’ils adoptent : électrons, atomes, vibration des molécules,
« bandes » des solides. Nous indiquons les modèles physiques sous-jacents
sous une forme simplifiée. Nous évoquons la nature quantique du photon
lui-même, clairement appelée à enrichir la palette des instruments
et machines futurs en cryptographie ou dans des machines de simulation
de systèmes complexes en gestation à travers le monde. Plus concrètement,
la mise en œuvre des sources de lumière, telles les lampes, LEDs,
lasers, filaments, etc. fournit des exemples utiles de conversion
entre des formes d’énergie ou d’information électrique et optique.
Nous parlons aussi des détecteurs, notamment les innombrables éléments
à base de semi-conducteurs qui irriguent nos moyens d’information
quotidiens, fibre ou caméra. Le thème de la spectroscopie est aussi
omniprésent, tant il faut prendre acte qu’il est incontournable, car
au fond, l’admirateur de l’arc-en-ciel ou le personnel médical qui
analyse une image par résonance magnétique nucléaire (l’IRM) pratiquent
tous deux des formes de spectroscopie.
Enfin, du point de vue environnemental, outre la question de l’énergie
solaire déjà évoquée, quand se posent des questions de pollutions
hélas trop fréquentes, ce sont très souvent des interactions optiques
remarquables qui fournissent les bons schémas de détection (fluorescence,
lidar, etc.). Dans un esprit proche, à l’heure des changements anthropiques
du climat, il est forcément utile à tout ingénieur ou scientifique
de comprendre le rayonnement thermique, qu’il s’agisse de traiter
du confort « énergétiquement frugal » des lieux de vie ou bien de
la compréhension des interactions des...