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Nanotechnologie : définition et principe

Nanotechnologie : définition

La nanotechnologie et les nanosciences sont un domaine d’étude des systèmes qui mesurent moins d'une quarantaine de nanomètres (rappelons qu’un nanomètre correspond à un milliardième de mètre, soit 0,000 000 001 mètre). Toutefois, la nanotechnologie ne se contente pas d’étudier ces éléments puisqu’elle vise également à la fabrication et à la manipulation d’objets nanométriques et de nanomatériaux. En effet, les applications de la nanotechnologie sont multiples, et ce dans des domaines très variés. Cela explique que la nanotechnologie se situe au carrefour de plusieurs disciplines scientifiques telles que l'électronique, la mécanique, la chimie (on parle de nanochimie) ou encore la biologie et donc la médecine. Bien sûr, les nanomachines sont présentes dans notre quotidien, par exemple avec les puces des ordinateurs portables pouvant stocker de gigantesques quantités d’informations, notamment grâce à la spintronique, la microélectronique basée sur le spin de l‘électron. Mais c’est dans le domaine de la nanomédecine et avec les nanomédicaments que des avancées majeures sont attendues.
À l'origine, les choses n’étaient pas si simples puisqu’il fallait trouver le moyen de manipuler ces minuscules structures. Mais grâce à l’invention du microscope à effet tunnel ou STM (Scanning Tunneling Microscopy) dans le courant des années 80, on a pu dans un premier temps sonder les structures nanométriques, puis déplacer les atomes. Les premiers essais, que l’on doit au Dr Eigler de l'IBM Almaden Research Center, ont consisté à pousser des atomes de xénon à l’aide de l’aiguille de tungstène initialement utilisée pour sonder la topologie de surfaces nanométriques. Dans des conditions bien particulières (dans le vide quasi parfait de l'enceinte hermétique du STM et en abaissant la température à - 270 °C, c’est-à-dire la température de l'hélium liquide), il a pu déplacer les atomes et, pour la petite histoire, il est parvenu à inscrire les lettres I, B et M avec ces atomes de xénon. Depuis, fabriquer des objets nanométriques est devenu beaucoup plus simple et de nombreuses sociétés y ont recours. Ainsi, on trouve maintenant des aliments contenant des nanoparticules à l’image du dioxyde de titane (E171) présent dans de très nombreux produits alimentaires. En médecine, les nanomédicaments (nanocapsules entre autres) peuvent cibler les sites dans lesquels ils doivent agir et éviter les zones sensibles. Ils peuvent aussi avoir un rôle diagnostic en rendant visibles des tumeurs. C’est d’ailleurs en cancérologie que les nanoparticules offrent le plus de perspectives afin de limiter les quantités de médicaments chimiothérapeutiques et lutter plus efficacement contre les cellules cancéreuses chimiorésistantes (identifiables par leur pH spécifique). Par ailleurs, étant donné leur taille infime, les nanoparticules peuvent pénétrer dans les systèmes biologiques et s’y intégrer, notamment au niveau du système nerveux central. Cela n’est pas forcément sans risque puisqu’on ignore encore comment l’organisme peut réagir à plus ou moins long terme. 
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Définition : Nanotechnologie : définition et principe

Un nanomètre, c'est quoi exactement ?

Un milliardième de mètre. L'ordre de grandeur se saisit mieux par comparaison : un atome de silicium mesure à peu près 0,2 nm, une molécule d'ADN 2 nm de diamètre, un virus de la grippe une centaine de nanomètres, un cheveu humain de 50 000 à 100 000 nm. La nanotechnologie travaille dans la fenêtre des 1 à 100 nm, celle où l'on manipule quelques dizaines à quelques milliers d'atomes à la fois, et où plus aucun microscope optique ne voit quoi que ce soit.

Domaine de taille de référence
1 à 100 nm sur au moins une dimension
1 nanomètre
10-9 m, soit un millionième de millimètre
Diamètre d'un atome de silicium
environ 0,2 nm
Épaisseur d'un feuillet de graphène
environ 0,34 nm, un seul atome
Diamètre d'un nanotube de carbone monofeuillet
1 à 2 nm
Définition réglementaire européenne en vigueur
recommandation 2022/C 229/01 du 10 juin 2022
Vocabulaire normalisé
série ISO/TS 80004
Surface développée par gramme de nanoparticules
couramment plusieurs centaines de m²

Sur le plan réglementaire, la Commission européenne a adopté le 10 juin 2022 la recommandation 2022/C 229/01, qui remplace celle de 2011 et précise la définition d'un nanomatériau à partir de la distribution en taille des particules. Le point compte pour tout industriel qui doit déclarer un ingrédient, étiqueter un produit cosmétique ou monter un dossier REACH : la qualification de nanomatériau déclenche des obligations propres.

Pourquoi la matière change de comportement à cette échelle

Deux mécanismes se cumulent, et aucun des deux n'est une affaire de miniaturisation.

Le premier est géométrique. Divisez un cube de 1 cm de côté en cubes de 1 nm : la surface totale passe de 6 cm² à 6 000 m². Or c'est en surface que se produisent l'adsorption, la catalyse, la corrosion, les échanges. Un nanomatériau est donc essentiellement une surface, ce qui explique l'activité catalytique de nanoparticules de platine ou de palladium à des charges massiques très faibles. La même cause produit les effets indésirables : une poudre nanométrique est plus réactive, parfois pyrophorique, et plus mobile dans un organisme.

Le second est quantique. Quand la taille d'un cristal descend sous quelques nanomètres, les électrons se trouvent confinés et leurs niveaux d'énergie se discrétisent. Le gap effectif du matériau devient alors fonction de sa taille. Une conséquence spectaculaire : des nanocristaux de séléniure de cadmium, de composition rigoureusement identique, émettent du bleu à 2 nm et du rouge à 6 nm. Ces boîtes quantiques équipent aujourd'hui des dalles d'affichage. Le principe et ses limites sont détaillés dans introduction aux nanomatériaux et nanotechnologies.

À cela s'ajoutent des effets mécaniques. Un nanotube de carbone atteint un module d'Young de l'ordre du téraPascal parce que sa structure, à cette taille, ne contient statistiquement plus les défauts qui limitent la résistance des matériaux massifs. Moins de matière, donc moins de défauts, donc plus de résistance : le raisonnement paraît contre-intuitif, il est pourtant central.

Deux façons de fabriquer : descendre ou assembler

  • Approche descendante : on part d'un matériau massif et on le structure. C'est la voie de la microélectronique, qui a atteint le nanomètre par perfectionnement continu de la lithographie, de la gravure et du dépôt de couches minces. Elle offre un contrôle géométrique exact et s'appuie sur un outillage industriel mature, au prix d'installations très lourdes.
  • Approche ascendante : on part d'atomes ou de molécules et on les laisse s'organiser, par auto-assemblage, synthèse colloïdale, croissance catalytique ou dépôt couche atomique. Elle produit des objets que la lithographie ne saurait pas dessiner, nanotubes, nanofils, boîtes quantiques, mais le positionnement précis de ces objets reste le verrou industriel.

Aucune des deux ne va sans caractérisation, et c'est souvent là que le budget passe. Voir et mesurer à cette échelle exige la microscopie électronique en transmission, la microscopie à force atomique, la diffusion de rayons X aux petits angles, la spectroscopie Raman. Un objet de 5 nm n'est pas observable en lumière visible : la longueur d'onde est cent fois trop grande.

Où les nanotechnologies sont déjà industrielles

La liste est plus large que ne le suggèrent les articles sur les promesses futures, parce qu'une bonne part des applications est invisible pour l'utilisateur final. Les principales avancées de ces vingt ans ne sont pas venues d'objets nouveaux mais de l'utilisation de nano-objets connus dans des systèmes existants, où ils ont remplacé un constituant sans changer le produit aux yeux du client.

  • Électronique : nœuds technologiques nanométriques, mémoires, architectures de transistors en trois dimensions, la norme depuis des années.
  • Énergie : électrodes nanostructurées de batteries lithium-ion, couches actives de cellules photovoltaïques, catalyseurs de piles à combustible et de reformage, matériaux thermoélectriques dont la nanostructuration découple conduction thermique et conduction électrique, sujet développé dans thermoélectricité et nanotechnologies.
  • Matériaux : charges nanométriques qui renforcent élastomères et composites, revêtements nanostructurés apportant dureté, effet barrière ou autonettoyance.
  • Optique : filtres interférentiels, traitements antireflets, métasurfaces, boîtes quantiques d'affichage.
  • Environnement : membranes de filtration, dépollution catalytique, capteurs de traces.

Le panorama des usages énergétiques est traité dans énergie et nanotechnologies, et une vue d'ensemble des filières dans les nanotechnologies, du fondamental aux applications.

La médecine concentre à elle seule plusieurs familles d'usages. Les vecteurs lipidiques nanométriques ont connu un déploiement massif avec les vaccins à ARN messager, où la nanoparticule protège la molécule active et lui fait franchir la membrane cellulaire. Les agents de contraste nanoparticulaires améliorent l'imagerie par résonance magnétique. Le diagnostic in vitro utilise des nanoparticules d'or fonctionnalisées dans les tests à lecture immédiate, dont les tests antigéniques sont l'exemple le plus connu. En cancérologie, les stratégies de vectorisation cherchent à concentrer les principes actifs dans la tumeur pour réduire la toxicité systémique, avec des résultats cliniques encore inégaux selon les indications.

Les méthodes de caractérisation évoluent d'ailleurs aussi vite que les applications elles-mêmes. La microscopie électronique en transmission corrigée des aberrations résout aujourd'hui la position d'atomes individuels dans un cristal, ce qui a transformé le travail quotidien des équipes de laboratoire et raccourci les boucles de développement entre synthèse et mesure.

Les défis qui restent, sécurité comprise

Trois obstacles reviennent dans tous les projets d'industrialisation. Le passage du laboratoire à la production, d'abord : une synthèse maîtrisée sur quelques grammes ne se transpose pas mécaniquement à la tonne, et la distribution en taille se dégrade souvent à l'échelle. Le coût de la caractérisation ensuite, qui grève les petites séries. La stabilité enfin, car les nano-objets ont une forte tendance à s'agglomérer, ce qui leur fait perdre précisément les propriétés recherchées.

Le dernier défi est celui de la sécurité, et il structure une part croissante des travaux. Une nanoparticule ne se comporte pas comme le produit chimique dont elle est faite. Sa surface réactive, sa capacité à rester en suspension dans l'air et à franchir des barrières biologiques imposent une évaluation propre. Les travaux sur les nanotubes de carbone et sur le dioxyde de titane nanométrique ont installé le principe : la toxicité dépend de la taille, de la forme et de l'état d'agrégation, pas seulement de la composition.

Côté industriel, cela se traduit par des dispositions concrètes de protection collective. Confinement des postes de manipulation de poudres, captation à la source, métrologie des aérosols en nombre de particules et pas seulement en masse, équipements de protection individuelle adaptés aux aérosols fins, préférence pour la manipulation en suspension liquide ou sous forme de pâte lorsque le procédé le permet. Les dispositifs médicaux et les produits cosmétiques relèvent en plus de leurs propres régimes d'autorisation, ce que les équipes scientifiques ont tout intérêt à anticiper dès la conception plutôt qu'au dépôt du dossier. En France, la déclaration annuelle des substances à l'état nanoparticulaire s'ajoute au cadre européen. Une position raisonnable, sur laquelle beaucoup d'industriels convergent : traiter un nanomatériau comme une substance nouvelle, quel que soit le statut réglementaire de son équivalent massif.

Questions fréquentes à propos de Nanotechnologie : définition et principe

Qu'est-ce que la nanotechnologie ?

L'ensemble des techniques permettant de concevoir, produire, caractériser et mettre en œuvre des structures dont au moins une dimension est comprise entre 1 et 100 nm. Ce n'est pas une discipline unique mais un croisement de physique, chimie, science des matériaux et biologie, réuni par une échelle de travail et par les effets particuliers qui y apparaissent.

Quelle est la différence entre nanoscience et nanotechnologie ?

La nanoscience étudie les phénomènes propres à cette échelle, la nanotechnologie les exploite pour fabriquer des objets et des produits. La frontière est poreuse, la plupart des équipes faisant les deux, mais la distinction reste utile pour situer un travail entre compréhension et industrialisation.

Qu'est-ce qu'un nanomatériau au sens réglementaire ?

La recommandation européenne 2022/C 229/01, adoptée le 10 juin 2022 et remplaçant celle de 2011, fonde la définition sur la distribution granulométrique en nombre des particules constitutives, y compris pour les matériaux naturels. Cette qualification conditionne des obligations réelles, déclaration, étiquetage et évaluation, ce qui en fait un point de vigilance et pas une question de vocabulaire.

Pourquoi les propriétés changent-elles à l'échelle nanométrique ?

Pour deux raisons qui se cumulent. Le rapport surface-volume devient très élevé, et comme la réactivité se joue en surface, l'activité chimique augmente fortement. Par ailleurs, sous quelques nanomètres, les électrons sont confinés et leurs niveaux d'énergie se quantifient, si bien que les propriétés optiques et électroniques dépendent de la taille de l'objet, à composition constante.

Les nanotechnologies présentent-elles des risques ?

Les nanoparticules libres sous forme de poudre sont le principal sujet d'attention, du fait de leur mobilité dans l'air et de leur réactivité de surface. La toxicité dépend de la taille, de la forme et de l'agrégation autant que de la composition chimique, ce qui interdit d'extrapoler depuis le matériau massif. Les nano-objets liés dans une matrice solide, cas de la plupart des produits finis, présentent une exposition très différente de celle des postes de manipulation de poudres.

Pour aller plus loin dans la base documentaire : Introduction aux nanomatériaux et nanotechnologies · Les nanotechnologies, du fondamental aux applications · Énergie et nanotechnologies · Thermoélectricité et nanotechnologies · Nanophotonique et micro-nanotechnologies

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