Si de nombreux professionnels et usagers demandent une révision de la réglementation ventilation destinée à l'habitat, datant des années 1980, celle relative aux bâtiments tertiaires reste quasi-inexistante. Seuls le Règlement Sanitaire Départemental Type (RSDT) et le Code du travail imposent des débits de renouvellement d'air minimaux afin de préserver la santé et le confort des occupants. Pourtant, les exigences en termes d'isolation thermique et d'étanchéité à l'air des bâtiments tertiaires ont été renforcées par la RT 2012 et par la RT existant en date de 2007. Un renouvellement d'air permanent et efficace leur est par conséquent indispensable. Ainsi, après avoir étudié la qualité de l'air intérieur des logements, l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur (OQAI) se penche sur celle des bâtiments tertiaires, en particulier dans les bureaux et les écoles.
À ce jour, en France, il existe peu d'informations sur la qualité de l'air dans les immeubles de bureaux et le confort perçu par les personnes qui y travaillent. Des études menées dans d'autres pays montrent, qu'en termes de pollution, des spécificités propres à ces environnements intérieurs existent : environnement extérieur, matériaux de construction, ameublement, mais aussi matériel informatique, produits d'entretien... Le temps passé y est important et la qualité de l'air respiré peut ainsi avoir un impact sur la santé et les performances des occupants. L'OQAI a commencé une campagne, qui se prolongera jusqu'en 2015, dans 300 immeubles de bureaux répartis sur toute la France. Cette campagne a pour objectif une meilleure connaissance de la qualité de l'air intérieur dans ces bâtiments, dans le but d'évaluer les risques sanitaires et le confort des occupants, et de proposer des solutions d'amélioration, notamment en matière de ventilation.
Quant aux écoles, aucune étude française n'a pour l'instant permis de porter une vision globale de leur qualité de l'air intérieur, et peu de données sont disponibles sur ce sujet. Les informations sont le plus souvent limitées à quelques indicateurs de pollution (comme le formaldéhyde ou le benzène). Or, comparées à celles d'autres lieux de vie, les concentrations en polluants mesurées dans l'air des écoles peuvent s'avérer élevées du fait de la densité d'occupation des locaux, de l'utilisation fréquente de produits d'entretien et de fournitures scolaires (feutres, effaceurs, craie...), et du faible taux de renouvellement d'air souvent observé. Pour y remédier, l'OQAI mène une campagne nationale de mesure et de collecte d'informations dans 300 écoles. L'objectif est, là aussi, une meilleure connaissance de la qualité de l'air et du confort dans les salles de classe et les dortoirs des écoles maternelles et élémentaires. Il s'agit d'une campagne majeure, qui s'achèvera...