Dans le domaine de la robotique industrielle, les robots manipulateurs
sont des systèmes électromécaniques articulés, conçus pour interagir
avec leur environnement via un outil placé à leur extrémité. Ces systèmes
sont intrinsèquement en boucle fermée : leur structure mécanique est
composée de solides rigides connectés par des articulations, formant
un système fermé dont le comportement dynamique doit être précisément
maîtrisé pour garantir performance, sécurité et fiabilité.
Le pilotage de ces robots nécessite la connaissance d’un modèle
du système. Ce modèle mécanique, au cœur de nombreuses applications
robotiques, permet non seulement la commande des mouvements, mais
aussi la simulation, la conception, le diagnostic ou encore la détection
de pannes. Il peut être décliné en plusieurs niveaux de complexité :
les modèles géométriques permettant de localiser l’outil dans l’espace
de travail, les modèles cinématiques établissant des liens entre les
vitesses articulaires et celles de l’effecteur, et les modèles dynamiques
décrivant les interactions entre efforts et accélérations.
Ce sont les modèles dynamiques qui nous intéressent dans le cadre
de cet article. Leur utilisation dans des algorithmes de commande
avancée, comme ceux destinés à la compensation d’efforts ou à la génération
de trajectoires optimales, impose une connaissance fine de leurs paramètres
physiques, tels que les masses, les moments d’inertie ou les premiers
moments. Ces paramètres ne sont généralement pas fournis avec une
précision suffisante par les constructeurs ou les outils de conception,
et doivent donc être identifiés expérimentalement.
L’identification dynamique repose sur l’exploitation de mesures
enregistrées lors du déplacement du robot selon des trajectoires définies.
Il s’agit donc d’une identification hors ligne des paramètres. Elle
constitue un processus fondamental pour assurer l’adéquation entre
le comportement réel du robot et son modèle mathématique. Ce processus
est délicat car il intervient sur des systèmes complexes, souvent
soumis à des contraintes de sécurité et d’accessibilité, et opère
à partir de données bruitées provenant de capteurs embarqués.
Cet article se concentre sur les méthodologies opérationnelles
d’identification des modèles dynamiques des robots industriels. Il
vise à présenter les principales approches permettant d’estimer les
paramètres inertiels à partir des mesures enregistrées de positions
et de couples moteurs, dans le cadre d’une identification en boucle
fermée. Nous y abordons les hypothèses de validité, les exigences
sur les trajectoires d’excitation, les contraintes liées aux systèmes
réels, ainsi que les atouts et limites des différentes méthodes proposées.
Cette contribution s’inscrit dans un contexte...