L’article précédent
, dédié aux couches minces dites « traditionnelles
», a défini ce que l’on entend par couche mince, à savoir un dépôt
généralement inférieur à 5 µm d’épaisseur, habituellement obtenu sous
vide. Ce dépôt est global, sur toute la surface du substrat et les
motifs sont obtenus par une méthode soustractive, gravure chimique
par exemple.
Les couches minces sont utilisées depuis plusieurs décennies dans
un grand nombre d’applications. Les plus anciennes et encore les plus
répandues sont probablement les applications optiques. La métallurgie,
la photographie ont également utilisé les couches minces mais dans
les applications les plus modernes, on rencontre maintenant la chimie,
la biochimie et la médecine, autour de capteurs de toutes sortes,
de gaz mais aussi d’ADN (les biopuces).
L’interconnexion, sous la forme de substrats équipés de pistes
conductrices déposées, est également l’un des domaines privilégiés
des couches minces.
Bien que détrônées dans les années 1980 par les couches épaisses
dans ce domaine particulier, la notion de «
multichip module
» (MCM ou module multi- puce), apparue vers 1985, a redonné, grâce
à certaines innovations techniques, un certain intérêt aux couches
minces, qui ont retrouvé dans ces applications l’opportunité d’exploiter
entièrement leurs capacités d’intégration.
Mais l’histoire ne fait que se répéter. L’intégration monolithique
ne cesse d’évoluer et de gagner du terrain sur l’intégration hétérolithique,
la poussant à évoluer à son tour. Si les MCM sont la réponse (hétérolithique)
d’aujourd’hui aux limitations engendrées par les ASIC (monolithique),
les SOP (hétérolithique) seront la réponse de demain aux SOC (monolithique)
qui tentent de prendre aujourd’hui la place des MCM. Il est certain
que dans les SOP, superhybrides comprenant à la fois interconnexion
de haute densité, électrique et optique, composants actifs et composants
passifs, dispositifs de refroidissement et pourquoi pas microsystèmes
électromécaniques, les couches minces électroniques vont y prendre,
plus que jamais, une place de choix.
Nota :
L’auteur tient à remercier monsieur Thierry Lemoine, chef de département
Céramique etPackaging à Thalès TRT, responsable du laboratoire commun
LABCOM BGCC/TRT, ainsi que monsieur Sylvain Schmitt, ingénieur CNRS/IN2P3,
pour l’aide qu’ils lui ont apportée dans la rédaction et la correction
de ce document.