Au cours de la première partie
[TE 6 705]
, nous avons présenté les principes généraux de la trajectographie passive ainsi que les algorithmes permettant de traiter le problème de base dit de
TPA
(trajectographie passive par mesure d'angle). Rappelons qu'en TPA, on utilise un seul senseur, mobile, mesurant la direction angulaire d'une source laquelle est supposée en
mouvement rectiligne uniforme (MRU)
. Nous avons déterminé les limites fondamentales des techniques de TPA et présenté des résultats typiques selon des hypothèses canoniques. Au cours de cette seconde partie, nous allons aborder le problème de l'apport d'informations additionnelles aux mesures d'angles. Les
mesures supplémentaires
considérées ici sont :
soit, celles relatives à la détection d'une éventuelle manœuvre de la source ;
soit celles de fréquences éventuellement émises par la source ;
soit des mesures angulaires provenant d'une autre plate-forme géographiquement distante.
Nous allons montrer que dans ces trois cas, il n'est plus nécessaire à l'observateur de manœuvrer comme en TPA, ce qui représente un avantage indubitable.
Le premier paragraphe de ce dossier traite du problème de la
détection de manœuvre de la source
. Une particularité de ce problème réside dans le fait que cette manœuvre n'est pas toujours détectable : nous montrons en effet qu'il existe toute une famille de cinématique (non-MRU) de la source indétectable par l'observateur, même en l'absence de bruit. Pour les autres géométries où la détection de manœuvre est potentiellement possible, nous présentons des tests statistiques, paramétriques ou non qui exploitent les
résidus
d'estimation, écarts entre les mesures et leurs estimations. Nous donnons les performances générales de ces tests et nous illustrons ces résultats théoriques par un exemple type.
Lorsqu'une manœuvre est détectée à l'instant t
M
, plutôt que d'oublier toutes les mesures...