En France, environ 230 000 personnes peuvent être exposées à des rayonnements ionisants. Une partie d’entre elles travaille dans le domaine de la production d’énergie d’origine nucléaire (fabrication du combustible, centrales nucléaires, retraitement, recherche). Les autres, plus dispersés, mais plus nombreux, travaillent dans le domaine médical (en radiothérapie, radioscopie, médecine nucléaire), dans l’industrie (stérilisation, polymérisation, radiographie de pièces et de soudures, etc.), dans l’armée (navires nucléaires, armes), dans la recherche universitaire (laboratoires de recherche, accélérateurs), etc.
Suivant les directives européennes et la réglementation française, ces travailleurs doivent être soumis à une surveillance ayant pour objectif de contrôler qu’ils ne sont pas exposés à des doses de rayonnement supérieures à certaines valeurs correspondant à un risque considéré suffisamment faible pour être acceptable.
Ce contrôle se fait au moyen de dosimètres individuels qui sont l’objet du présent article. Cette dosimétrie est obligatoire pour les travailleurs susceptibles d’être exposés à plus de 30 % de la limite réglementaire (catégorie A).
Ces dosimètres doivent être portés sur la poitrine où l’on estime que la valeur qu’ils mesurent est représentative de la dose efficace (dose moyenne pour le corps entier). Dans certains cas particuliers, où les extrémités sont plus particulièrement exposées, les travailleurs peuvent porter des bagues dosimétriques ou des dosimètres de poignet.
Au cours des dix dernières années l’optimisation, c’est-à-dire la recherche d’un niveau d’exposition aussi faible que raisonnablement possible, compte tenu des facteurs économiques et sociaux, s’est peu à peu imposée comme un objectif majeur de la radioprotection des travailleurs.
Alors que les dosimètres passifs ne permettent de connaître la dose reçue qu’a posteriori, des dosimètres électroniques à lecture directe sont de plus en plus utilisés, souvent connectés à des systèmes d’enregistrement quotidien centralisés, et permettent d’agir efficacement dans le sens de l’optimisation.
En cas d’accident, les dosimètres permettent de préciser les doses reçues par le travailleur et d’apporter une aide au diagnostic médical.
Dans tous les cas, l’utilisateur devra rester attentif au fait qu’un dosimètre n’est généralement pas conçu pour répondre parfaitement à tous les types ou toutes les énergies des rayonnements. Il devra choisir un dosimètre adapté aux champs de rayonnement auxquels le travailleur est (majoritairement) exposé.