Dans un réseau de froid urbain (RFU), la distribution assure la liaison entre la production et les utilisateurs. Cette partie du système fait l'objet d'études attentives dès la conception du RFU, mais aussi tout au long de sa vie, chaque fois qu'un événement nouveau se présente, comme le raccordement d'un nouveau client, pour l'adapter au nouveau profil de la charge.
C'est un élément du coût du RFU très important dès l’investissement et tout au long de l'exploitation. En effet, sa mise en place, très onéreuse et perturbatrice (la plupart du temps en souterrain, en milieu urbain), nécessite des travaux considérables pour atteindre des utilisateurs lointains. Le tracé et le dimensionnement des canalisations impliquent un pari sur l'avenir en nécessitant un plan de développement difficile à établir compte tenu des paramètres multiples mis en cause. Bien souvent, les autorisations administratives nécessaires pour effectuer les travaux conduisent à poser des canalisations qui ne seront pas immédiatement rentabilisées (traversées de voies importantes de circulation, intégration en galeries techniques encombrées).
À partir des paramètres fixés par le cahier des charges des clients et du régime des températures déterminé en production, l'optimisation du réseau intègre la réduction des diamètres des canalisations, donc des débits, mais aussi la réduction des pertes de charge et des gains thermiques qui contribuent à réchauffer le fluide frigoporteur sur son parcours. Ces aspects ont un impact bien plus important pour les RFU que pour les chauffages urbains car l'écart maximal possible de température entre départ et retour est de l'ordre de 12 à 15 K, ce qui conduit à des canalisations de dimensions très importantes, alors qu'en chauffage urbain, les écarts vont jusqu'à 50, voire 80 K, ce qui permet de réduire beaucoup la taille donc le coût des réseaux.
Les technologies actuelles offrent un choix important de solutions pour la construction des réseaux, allant des classiques tuyauteries en acier en caniveau aux tubes en époxyde armé de fibres de verre posés enterrés, sans isolation sur le retour.
Les obligations contractuelles de l'opérateur vis-à-vis des utilisateurs conduisent bien souvent à des réseaux maillés pour réduire les risques d'interruption du service sur une branche du réseau.
Le coût du pompage est un poste de dépense important du bilan d'exploitation qu'il faut maîtriser au mieux, en adaptant le débit à la demande, en réduisant les pertes de charge et en maintenant un écart de température aussi élevé que possible entre départ et retour, pour que chaque mètre cube distribué transporte le maximum d'énergie.
Cela explique les recherches en cours pour mettre au point...