Depuis 1963, la surdité est reconnue comme maladie professionnelle
et, comme telle, ouvre droit à réparation. La prise en compte des
niveaux sonores d’exposition et des niveaux de pression acoustique
réglementés permet de limiter l’impact d’une ambiance « bruyante »
sur la santé. Réduire les intensités sonores et les temps d’exposition,
améliorer le matériel et les conditions ergonomiques sont autant d’actions
potentielles relevant de la prévention globale des opérateurs.
En milieu professionnel, de nombreuses activités et de nombreux
équipements exposent les travailleurs au bruit. Dans certaines circonstances,
le niveau sonore peut être très élevé et provoquer un risque de surdité
professionnelle, en particulier lorsque l’exposition se prolonge pendant
plusieurs années. Compte tenu du grand nombre de travailleurs concernés
et du caractère très invalidant de la surdité, les pouvoirs publics
ont défini une réglementation visant à protéger les travailleurs contre
les effets nocifs du bruit et à réduire le bruit en milieu professionnel.
À niveau modéré, le bruit peut également provoquer, à long terme,
des troubles extra-auditifs tels que la fatigue, le stress, les troubles
du sommeil, voire des troubles cardiovasculaires. En plus des effets
sur la santé, un environnement sonore dégradé peut avoir des conséquences
sur la performance de l’entreprise. Le coût social du bruit au travail
est très élevé, puisqu’il est estimé à environ 19 milliards d’euros
par an pour la France.
La réglementation française relative au bruit en milieu professionnel
fixe des exigences concernant l’exposition sonore des salariés, le
traitement acoustique des locaux de travail et le niveau d’émission
sonore des équipements de travail. Afin de respecter ces exigences,
des principes généraux de prévention sont énoncés par le code du travail,
le risque lié au bruit n’échappant pas à ces principes.
Après quelques éléments de contexte et des rappels sur les notions
d’acoustique nécessaires à la lecture de ce document, cet article
propose un focus sur les grandeurs utilisées par la réglementation,
les normes et les usages : niveaux sonores, niveaux d’exposition,
décroissance sonore, indicateurs d’intelligibilité, etc. La mesure
de ces grandeurs nécessite une instrumentation spécifique, notamment
pour l’évaluation de la qualité acoustique des locaux de travail.
Cette instrumentation est ensuite présentée, ainsi que des éléments
relatifs aux protocoles de mesurage.
Suivent une description détaillée de la réglementation du bruit
en entreprise, précisant les obligations de l’employeur, les valeurs
limites d’exposition, ainsi que les dispositifs de prévention et de
contrôle, un point sur le coût financier et sociétal du bruit, évalué...