Dans la gestion d'un site pollué, l'élaboration d'une stratégie
efficace repose, entre autres choses, sur l'exactitude du schéma conceptuel.
Ce dernier permet de faire figurer les sources, les voies de transfert,
les milieux d'exposition et les récepteurs susceptibles d'entrer en
contact avec les polluants. Ce schéma n'est pas statique. Il peut
changer soit parce que l'information disponible n'était pas exhaustive
au moment de sa création, soit parce que différents éléments constitutifs
du schéma ont évolué au cours du temps (disparition, modification
ou apparition d'une source, d'un vecteur de migration ou d'un récepteur).
Par ailleurs, les concentrations dans les différents milieux (source,
transfert, exposition) évoluent en fonction des mesures prises, de
l'atténuation naturelle ou bien de facteurs annexes influençant les
conditions de mobilisation ou de migration des polluants.
Parmi tous ces paramètres responsables du caractère dynamique
du schéma conceptuel, il faut reconnaître que certains ne sont pas
facilement prévisibles dès le départ. C'est pourquoi la maîtrise d'un
site pollué fait appel à des processus de gestion itératif, progressif,
évolutif et interactif. C'est aussi la raison pour laquelle, la politique
nationale en matière de gestion des sites et sols pollués a rappelé
l'importance de la surveillance des milieux au cours du processus
et a réaffirmé la prépondérance de la mesure et de son interprétation
dans les prises de décision. Cet article s'intéresse à la surveillance
des milieux et aux conditions qui permettront que celle-ci apporte
à l'efficience de la gestion d'un site pollué.
Cette surveillance donne à la stratégie de gestion le supplément
de fiabilité permettant de recueillir l'assentiment et la confiance
des parties prenantes. En effet, avec les nombreux facteurs d'incertitudes
qui caractérisent les sites pollués, la confiance ne peut pas reposer
seulement sur les avis d'experts et les modélisations numériques.
Parmi ces nombreux facteurs d'incertitude, il faut noter : les lacunes
dans la connaissance des événements à l'origine de la pollution, l'hétérogénéité
du sous-sol, l'absence de visibilité directe des phénomènes souterrains,
le caractère inexact des sciences du sous-sol, l'utilisation de techniques
de traitement récentes et non encore éprouvées en particulier
in
situ
, la difficile quantification des phénomènes de transfert
et d'atténuation naturelle.
La mesure et la surveillance des milieux garantissent donc la
bonne appréciation des impacts et, de fait, du risque sur le long
terme. Son interprétation permet d'identifier des signaux d'alerte
et de prendre des mesures correctives en temps opportun. Les phénomènes
en jeu étant lents, la surveillance s'opère sur une...