Le noeud papillon : une méthode de quantification du risque majeur

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Le noeud papillon : une méthode de quantification du risque majeur

Auteur(s) : Olivier IDDIR

Date de publication : 10 avril 2008

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RÉSUMÉ

Une démarche d’évaluation des risques et de leurs acceptabilités est incontournable de nos jours dans bon nombre de secteurs comme l’aéronautique, l’industrie chimique et pétrolière, le nucléaire. En fait, elle se résume à l’estimation du couple probabilité/gravité. L’approche de la gravité s’effectue à l'aide de modélisation des phénomènes. Quant à l’estimation de la probabilité d'occurrence, elle nécessite le recours à des méthodologies éprouvées depuis de nombreuses années dans des domaines comme le nucléaire ou l'aéronautique. L’objet de cet article est de proposer une méthodologie d'analyse de risque quantifiée, dite méthode du « nœud papillon ». Sur la base de données permettant d’estimer la probabilité d’un événement redouté, cette méthode découle de la combinaison d'un arbre de défaillances et d'un arbre d'événements.

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AUTEUR(S)

  • Olivier IDDIR : Ingénieur analyse de risques industriels - Technip France, service Expertise et Modélisation, division Procédés et Technologies

 INTRODUCTION

Le risque est une notion complexe, souvent explicitée sous la forme du couple probabilité/gravité.

Dans de nombreux secteurs d'activité, tels que l'aéronautique, l'industrie chimique, l'industrie pétrolière, le nucléaire, il est nécessaire d'évaluer les risques afin de pouvoir se prononcer sur leurs acceptabilités. Les notions de danger et de risque sont très souvent confondues, le risque étant toujours lié à l'existence d'un danger, ou d'une situation dangereuse. Pour les différencier, il est possible de considérer que le danger est « réel » et le risque « potentiel » .

Certaines installations industrielles présentent, de par leurs activités, de nombreux dangers. Citons, par exemple, l'utilisation ou la synthèse de produits inflammables ou toxiques. Une de ses conséquences dangereuses est la perte de confinement qui peut, dans certains cas, aboutir à un accident se manifestant, respectivement, par l'incendie et/ou l'explosion, dans le cas d'un produit inflammable, et par la dispersion atmosphérique, dans celui d'un produit toxique.

L'évaluation d'un risque nécessite de pouvoir estimer les deux composantes du couple probabilité/gravité. La gravité est habituellement estimée à l'aide de modélisation des phénomènes. C'est, entre autre, le cas pour les dispersions atmosphériques de toxiques, les incendies, ou encore les explosions. L'estimation de la probabilité d'occurrence, pour les risques liés au secteur de l'industrie, nécessite aujourd'hui d'avoir recours à des méthodologies utilisées depuis de nombreuses années dans d'autres domaines, tels que le nucléaire, ou l'aéronautique. En effet, en France, avant 2 000 et contrairement aux pays anglo-saxons, l'approche du risque était déterministe, basée principalement sur des avis d'experts pour l'estimation des probabilités d'occurrence d'accidents. Le tragique accident survenu à Toulouse, le 21 septembre 2001, a contribué à un tournant pour l'Administration française qui défend aujourd'hui d'adopter une approche probabiliste d'évaluation du risque.

L'objectif de cet article est de présenter une méthodologie d'analyse de risque quantifiée, dite méthode du « nœud papillon », qui résulte de la combinaison d'un arbre de défaillances et d'un arbre d'événements, centré sur un même événement redouté.

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