Dans la littérature, on rencontre des concepts bien établis et
des résultats suffisamment riches concernant des thèmes tels que l’approximation
rationnelle de fonctions réelles à une variable réelle, polynômes
orthogonaux réels à une variable réelle, l’accélération de convergence
d’une suite réelle, etc. Quand on a besoin d’étendre ces mêmes concepts
au cas vectoriel, on est confronté à l’insuffisance des structures
algébriques d’un espace vectoriel. Ainsi par exemple, d’une manière
empirique, une construction d’un « inverse » d’un vecteur non nul
a été donnée par la formule
et a été
utilisée dans de nombreuses généralisations. Il est évident que cet
« inverse » n’a aucun sens algébrique, étant donné l’absence, dans
un espace vectoriel, d’une loi multiplicative interne et par conséquent
d’un élément neutre. Cet « inverse » est désigné dans la littérature
comme l’inverse de Samelson ou le pseudo-inverse de Moore-Penrose,
pour mettre l’accent sur la carence de l’existence de l’inverse d’un
vecteur au sens algébrique.
L’introduction de l’algèbre de Clifford universelle associée à
un espace vectoriel réel
, muni d’une forme bilinéaire
symétrique non dégénérée, a été motivée par ce besoin de construire
une loi multiplicative interne de telle sorte que la nouvelle structure
(algèbre de Clifford) soit une algèbre, contenant l’espace
. L’algèbre est associative, non commutative. Le
corps
, le corps
des quaternions sont des
premiers exemples simples d’algèbre de Clifford. Bien qu’elle ne soit
pas intègre en général, tout vecteur non nul
de
considéré comme espace vectoriel euclidien admet
un inverse et un seul au sens algébrique, dans l’algèbre...