Dans tous les pays, on voit ressurgir le questionnement sur le transport de
marchandises en ville (TMV) au début des années 1990. Depuis, il ne cesse
de faire l’objet de travaux de plus en plus nombreux, donne lieu à une littérature de plus en plus abondante et est au coeur de multiples colloques, échanges,
initiatives et expériences.
L’interférence de deux processus est certainement à l’origine de cette étonnante
synchronie dans la réapparition d’une préoccupation autour des
« marchandises en ville ».
Le premier est celui du développement de l’espace urbain sur une surface de
plus en plus grande, de plus en plus saturée de voitures, en particulier dans ses
parties denses, accompagné d’un écart croissant entre les prix du foncier au
centre et dans les périphéries.
Le deuxième est celui du développement de la logistique moderne. Au coeur
de la recherche de productivité des entreprises, l’évolution de la gestion des flux
a conduit à une quasi-exclusivité du mode routier, à une multiplication des
envois, à des exigences toujours plus grandes de précision, de rapidité et de
fiabilité.
Nous tenterons, dans les quelques pages qui suivent, de décrire l’essentiel
des acquis de l’effort entrepris dans cette dernière décennie. Cette description
sera fondée sur le cas français. Malgré tout, nous essaierons de donner, au fil
des paragraphes, un aperçu sur d’autres pays européens. Ces acquis ont été
obtenus dans cinq domaines :
la connaissance du fonctionnement du transport de marchandises en ville,
du système d’acteurs qu’il implique, de son économie et de ses effets environnementaux
;
celle du cadre juridique et réglementaire et des conditions sociales de son
fonctionnement ;
une compréhension plus fine des enjeux ;
la connaissance des possibilités et des contraintes d’actions novatrices à
travers de multiples expériences ;
la sensibilisation - information - formation des acteurs concernés, publics
ou privés.
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